Il y a une bonne dizaine d'années, le studio Rebellion avait réussi à donner vie sur PC au plus mythique des crossovers en jeu vidéo. Aujourd'hui, il retente l'expérience avec ce nouveau Aliens Versus Predator. Les fans de la première heure l'attendaient de pied ferme en espérant un retour gagnant. Mais quand est-il réellement une fois le DVD mis dans sa console chérie ?
Les Aliens et les Predators sont les bestioles extraterrestres les plus terrifiantes du cinéma. Du moins, les plus célèbres dans leur genre. Fusion de deux licences, Rebellion avait réussi, à l'époque, à donner naissance à un FPS original, avec ses trois gameplays différents, et terrifiant par son ambiance sombre et oppressante. Il est d'ailleurs amusant de voir que Hollywood a depuis sorti deux films éponymes, comme quoi ce crossover a du potentiel !
L'histoire du titre est somme toute assez classique, et surtout prétexte à un combat entre l'Homme, le Predator, et les « petits » Aliens. La société Weiland Yutani, toujours elle, la coquine, s'amuse une nouvelle fois à faire ses petites 
Oh une poupée russe mutante!expériences. Manque de pot, ses employés ont enchainé les boulettes ce jour là. D'un côté, on retrouve des scientifiques en train de « dresser » des xénomorphes (les Aliens) en leur donnant de la viande, euh pardon, des humains comme festin, afin d'analyser leurs réactions, si ces derniers sont armés ou non. Et non loin de là, des idiots s'amusent à fouiller un temple Yautja (c'est sacré pour les Predators), pour le fun comme on dit. Voilà, en deux temps, trois mouvements, les Aliens sont dans la nature, et une armée de Predators raboulent sur Terre. Et au milieu de tout cela, des Marines qui n'ont pas d'autre choix que d'essayer de survivre. Dur dur la vie de Soldiers !
Le jeu offre trois campagnes distinctes, qui s'entremêlent au niveau scénario, mais qui se jouent chacune de manière différente. Tout d'abord, le Marine avec son gameplay de FPS à l'ancienne. Son arsenal est très proche de ce qu'on retrouve dans les films Aliens, avec fusil d'assaut ou à pompe, lance-flammes ou 
Mais qui a éteint la lumière?autres mitraillettes. Bien sûr, il y a la lampe torche, la fameuse Flashlight, qui pour le coup devait vraiment manquer de piles, car vu le peu qu'elle éclaire, elle ne sert strictement à rien. Heureusement, les torches incandescentes sont là pour compenser. Et pour finir, le nec plus ultra de l'accessoire du bon soldat, le détecteur de mouvement. C'est flippant, c'est stressant, mais c'est bon pour l'ambiance. Cela rappelle la radio dans Silent Hill. « Ah mais ils sont où ??? » sera la phrase la plus répétée par le joueur dans le feu de l'action ! La mise en scène est d'ailleurs plutôt bonne. La plupart du temps, le Marine passera son temps à dézinguer du xénomorphe, mais quelques passages originaux permettent de ne pas décrocher de cette campagne qui a une durée de vie d'environ quatre à cinq heures de jeu.
Autre campagne, celle de l'Alien, qui commence dans un des laboratoires de Weyland Yutani. La reine ayant une envie de rébellion (tiens comme le nom du studio de développement c'est étonnant) notre petit xénomorphe se fait la malle avec quelques camarades afin de foutre la pâtée à ces humains diaboliques. Le gameplay de l'Alien est basé sur les déplacements, vifs, rapides, à 360°. On peut se balader à toute vitesse sur le sol, le plafond, les murs... La furtivité est maitre mot ici, l'Alien étant très fragile. En face à face, vous ne ferez pas le poids. Mais une bonne attaque surprise, à la Sam Fisher, fera le ménage de manière efficace. Cette campagne est donc très sympathique à jouer, mais malheureusement très courte aussi. Sans doute à cause d'une certaine redondance des actions possibles. En tout cas, en deux ou trois heures c'est bouclé.
Enfin, dernière campagne, celle du Predator. Le chasseur de l'espace, c'est un peu le James Bond des extraterrestres, avec un arsenal dernier cri : griffes, disque, lance, vision infrarouge, synthétiseur vocal, etc... Tuer, c'est un jeu pour lui. A vous de choisir les règles. Le scénario est d'ailleurs prétexte à la tuerie, avec cette petite partie de chasse organisée. Ce personnage n'a aucune limite et, bien utilisé, est presque invincible. Sa seule contrainte étant de recharger son équipement sur des batteries. Rien de bien méchant. La prise en main du Predator demande un certain temps d'adaptation afin de maitriser toutes ses possibilités. Mais une fois que c'est fait, on prend plaisir à traverser les quatre heures de cette campagne pêchue et spectaculaire.
Aliens Versus Predator c'est donc trois campagnes, trois gameplays et pleins de possibilités. Surtout online, avec ces différents modes de jeux : capture de points, infection, survie, domination ou encore match à mort. Il y a de quoi s'amuser. Mais 
Meuh non c'est pas gore, meuh non...tous ces modes ne sont pas forcément intéressants. Surtout le match à mort classique, qui peut poser problème à cause d'un équilibrage des races un peu limite. En effet, un Predator bien maitrisé, est une partie déjà pliée ! Par contre les modes en équipe sont beaucoup plus funs. Jouer les marines avec un ou deux potes, pour mettre la branlée à quelques Aliens ou Predators un peu trop joueurs, ça met dans l'ambiance. Le multi-joueurs est donc sympathique mais pas exceptionnel. Cela est dû aussi à une maniabilité un peu trop « FPS des années 90 » pour le Marine, et une réalisation pas toujours tip-top. Les niveaux sont extrêmement sombres, et on lutte un peu pour savoir où on est, ou tout simplement pour trouver des points de repères visuels. Mais, l'ensemble n'est pas non plus vilain. Les passages dans la jungle sont par exemple très réussis. Pour finir, un bon point pour l'ambiance sonore générale. Mis à part quelques doublages manquants de conviction, les musiques sont réussies, et les bruitages sont excellents, directement repris des films d'ailleurs. La langue des Predators est d'ailleurs bien rendus, tout comme les cris des humains décapités !
En conclusion, Aliens Versus Predator est un FPS qui plaira aux habitués de la version originale et aux fans des deux licences, mais frustrera les autres joueurs, car techniquement, on reste en deçà des canons du genre sur Xbox 360 qui ne manque pas de (bons) jeux de ce style. Une semi-déception donc. C'est dommage, car avec un moteur graphique plus poussé, un Marine plus dynamique qui ne marche pas à deux à l'heure et un vrai mode coopération, le jeu aurait pu être mythique. Reste tout de même de bons moments de gameplay et des parties online funs. Un bon jeu, mais qui ne restera pas dans les mémoires.
Riggs []

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