Il était une fois une société appelée Treasure dont la majorité des jeux étaient des bijoux d'inventivité et d'originalité. Parmi leurs jeux, le plus marquant est certainement Bangai-O, une perle parmi les nombreuses perles de la Dreamcast. Enfin, il faut un certain temps avant de s'en rentre compte. En effet, quand on démarre le jeu, on se retrouve avec une introduction dans le style manga qui est... comment dire... on a rarement fait plus pitoyable. En fait, la localisation française a été tellement ratée (non-sens, fautes d'orthographe...) que ça en devient drôle. Ca ajoute une touche comique de plus à ce jeu.
Après l'intro vient l'écran titre et là encore, on prend peur. Bangai-O apparaît en gros sur l'écran devant un décor bien moche. Timidement, j'appuie sur start, je rentre mon nom à coté d'une citrouille (???) et me voilà devant le choix des niveaux. Evidemment il n'y en qu'un au départ donc je le lance.
Me voilà aux commandes d'un gros robot dans un niveau en 2D. Je peux me balader dans toutes les directions et tirer en même temps dans une autre direction grâce à un astucieux système utilisant les boutons ABXY pour tirer. Enfin, quand je dis gros robot... il doit faire dix pixels de haut sur ma télé comme les ennemis et la plupart des bâtiments. On pourrait croire que ce jeu vient de la Super NES tant les graphismes ont l'air ridicules. Les décors ne cassent pas des briques et il n'y a pas d'effets graphiques particuliers. Pourtant, cette réalisation minimaliste sert une chose : le gameplay ! Le but de chaque niveau est de tuer le boss (un ennemi ou une porte) et au passage de tout détruire pour rafler le maximum de points. Très rapidement, on est pris dans une folie frénétique de destruction massive tant on va vite et tant il y a de choses à détruire : robots ennemis, bâtiments, générateurs d'ennemis, tourelles de tir, caisses... Ca fuse de partout et on essaie d'aller le plus vite possible tout en essayant de sauver sa barre de vie.
Plus vous détruisez d'ennemis, plus votre barre de charge monte. Vous pouvez stocker jusqu'à 5 super attaques qui dégagent chacune des bouquets de missiles dans tous les sens. Le jeu fait la part belle à la prise de risque car plus vous êtes proche des tirs ennemis quand vous lâchez une super attaque et plus vous lancez de missiles. On comprend l'utilité d'un moteur graphique minimaliste quand on voit 400 missiles partir en même temps !! Enfin, dernier point de gameplay, vous êtes deux à bord du robot, le fameux Bangai-O : Riki and Mami Makishi et vous pouvez passer de l'un à l'autre par une simple pression sur L. Riki lance des missiles à tête chercheuse alors que ceux de Mami Makishi vont tout droit mais ils rebondissent sur les parois et font bien plus mal. A vous d'adapter votre tir en fonction de la situation.
Les niveaux sont des modèles de conception. Remplis de pièges, de boutons, de portes et de bonus, ils proposent chacun un défi bien à eux. Certains sont de véritables puzzles alors que d'autres sont des courses poursuites effrénées contre le temps. En tout cas, vous ne risquez pas de vous ennuyer. Finir ce jeu vous demandera beaucoup de temps et de maîtrise car les niveaux se corsent très vite et ils sont au nombre de 44 !!
La cerise sur le gâteau est l'ambiance totalement loufoque du jeu. Il faut voir le héros se balader à poils dans l'écran de Game Over pour le croire. Ce n'est qu'un exemple du délire qui s'est échappé de l'esprit des programmeurs. Les points par exemple se récoltent sous la forme de gros fruits de l'espace de différentes sortes selon la quantité de points. Dans chaque niveau, une personne vous donnera des conseils plus ou moins précieux mais la plupart du temps ce sont juste des paroles sans intérêt mais bien marrantes allant jusqu'à tourner en dérision le jeu lui-même. L'ambiance sonore suit évidemment la même logique avec les boss qui poussent des cris plaintifs quand on leur tire dessus...
Voilà en gros ce qu'est Bangai-O : un shoot 2D avec un gameplay aux petits oignons et un manque de sérieux volontaire qui donne une ambiance en béton. Certes, il faut s'habituer aux graphismes mais après... quel pied ! Par contre, l'absence de mode deux joueurs et l'impossibilité d'y jouer avec le stick arcade officiel sont bien regrettables.
CBL []

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