Les soviétiques s'enlisent dans le conflit contre les alliés, une bataille qu'ils ne pensent même pas pouvoir gagner, en fin de compte ! Du coup, pour affaiblir leurs 
ennemis, le général Cherdenko remet en marche la machine à voyager dans le temps, se rend dans la passé, et supprime Albert Einstein avant ses travaux atomiques. De retour dans le présent, tout semble se porter au mieux pour la Russie, débarrassée de la menace technologie des Alliés. Seulement, les modifications temporelles ont eu certaines conséquences imprévisibles : le Japon est entré en guerre, fort d'une armée à la pointe de la modernité...
C'est sous ces doux auspices de conflit mondial que commence Alerte Rouge 3, série phare de la Stratégie Temps Réel tombé plus ou moins dans l'oubli et l'inconsidération cette dernière décennie. Quelques mois après le come back fracassant de Command and Conquer, autre STR à l'origine de la série Alerte Rouge (dont elle est le spin-of), Electronic Arts re-déboule avec un opus remis à l'ordre de jour et soutenu par une pléthore de stars, ce qui sera pendant un long moment de la campagne marketing son principal élément de communication. De quoi nous faire flipper, et pas qu'un peu.

Pourtant, dès le début du tutoriel, assez conséquent et assez long à parcourir, l'impression est positive. Alerte Rouge 3 reprend des principes communs à nombre de STR tout en ajoutant quelques petites fonctionnalités bienvenues. Les commandes vous sont expliquées consciencieusement par trois chars d'assaut, représentant chacune des factions jouables (Les Alliés, Les Soviétiques, et l'Empire du Soleil Levant), et nous plonge directement en situation. Un moyen efficace de comprendre et d'appliquer, tout en passant un bon petit moment (les chars n'hésitent pas à ponctuer leurs démonstrations d'un humour très second degré), même si au final, ce tutoriel n'innove en rien et que sa longueur peut rebuter.
Une fois les commandes acquises, ou presque, plongeons dans le grain bain ! Alerte Rouge 3 vous donne le choix entre trois factions (Alliés, Soviets, Japonais, donc), chacune disposant de sa propre campagne aux objectifs bien distincts. Vous pourrez commencer par celle qui vous attire le plus, même si le jeu vous recommande de jouer d'abord les soviétiques pour apprendre à jouer, cette campagne étant considérée comme la plus facile. Les différences d'un point de vue gestion sont relativement minces, mais il est important de connaître les unités de chaque armée pour pouvoir les utiliser correctement et y faire face, chacune disposant de son propre bataillon. Une bonne partie des bâtiments, des engins, et des hommes que vous construirez / formerez peuvent en outre évoluer sur terre et sur mer, ce qui ne sera pas à négliger.

De grands efforts ont justement été fournis pour que le jeu soit intuitif et premier degré. Ainsi, pour peu que vous ayez déjà approché un STR, vous évoluerez en terrain connu et n'aurez pas grand-chose de compliqué à assimiler. Tout est fait pour prendre un maximum de plaisir, les bâtiments sont assez peu nombreux et explicites, les unités bien distinctes, et l'interface claire est précise (tout est accessible en un clic, que ce soit la production d'un bâtiment, d'une unité, où même les actions par défaut de vos unités). Evidemment, une telle accessibilité implique un gameplay un peu simpliste, pas très fin, et jouable par le plus grand nombre. Ainsi, produire en masse deux types d'unités suffit généralement à retourner l'ordinateur qui se montre assez peu agressif, dans la plupart des cas.
La grande nouveauté, c'est que sur le terrain, vous ne serez jamais seul, vos supérieurs vous adjoindront constamment un co-commandant parmi ceux disponibles, qui vous aidera dans vos objectifs. Vous ne pourrez évidemment pas diriger ces unités, simplement lui donner des ordres généraux comme « attaque ici » ou « tiens cette position ». Sinon, il se dévoile tranquillement et opère des attaques ponctuelles. Il est toutefois assez intéressant de noter que même s'il s'agit d'un commandant guidé par l'IA, elle reste suffisamment intelligente pour vous accompagner lors de vos attaques, même si vous ne lui dites rien, et défend avec efficacité. Le must sera évidemment de se connecter sur le net pour trouver un copain ou un parfait inconnu qui se chargera du co-commandant. Oui, Alerte Rouge intronise les campagnes en coopération avec efficacité et brio.

Vos objectifs seront de différentes natures, et plutôt variés. Vous pouvez tout aussi bien commencer avec un embryon de base, que devoir déloger votre ennemi avant de vous installer, ou bien encore utiliser les quelques unités mises à votre disposition pour nettoyer la zone sans pouvoir en produire plus. Les missions évoluent en cours de route, élargissant du même coup la carte de votre terrain d'attaque et vous définissant de nouveaux objectifs. C'est scripté, bien évidemment, mais assez dynamique. La plupart du temps, vous pourrez également faire appel à vos « vedettes », comme Tanya (Alliés) ou Natasha (Soviétiques). Ces personnages spéciaux sont plus chers, uniques, mais disposent de capacités spéciales destructrices et d'une véritable force de frappe.
L'ambiance est un des gros points forts de cet Alerte Rouge 3. L'univers verse volontairement dans le technologique un peu fantaisiste, proposant des unités de diverses formes pouvant tout aussi bien déployer des pattes telle une araignée ou se transformer en méchas (ces fameux robots-avions japonais). Les mers envahissent les cartes et proposent de très jolies effets de lumière et d'ombres, tandis que la modélisation des unités se dévoile précise et assez agréable. Les missions et les campagnes sont rythmées par les interventions vidéos des protagonistes du jeu, campés par de véritables acteurs reconnus pour la plupart. Le joueur masculin est ici particulièrement sollicité puisque le casting féminin se montre plutôt avenant et généreux sur le décolleté (voir actualité sur le casting).
Le jeu nous propose, toutes campagnes confondues, 27 missions à remplir. Le temps de jeu sera donc assez faible, mais sera bien entendu étendu à l'infini par un mode multi assez fendard bien qu'un peu bourrin. En tout cas, une très bonne surprise que cet Alerte Rouge 3, que l'on attendait pas vraiment, les yeux hypnotisés par un certain Starcraft II qui semble ne jamais pouvoir venir. Le jeu assure du côté technique, et propose un gameplay assez bien foutu pour accrocher jusqu'à la fin des trois campagnes, bien que celui ne soit pas d'une originalité confondante et favorise assez peu la finesse.
Nicolas []

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