Un combattant d'unité d'élite est envoyé sur un rocher fortifié et contaminé accompagné d'un flingue et de C4 pour tout faire sauter et anéantir un sombre méchant qui verse dans la malversation génetico-médicale. Perdu au milieu d'une étendue d'eau dont la mention top secret nous empêche de savoir dans quel coin du globe elle se trouve, notre héros, que vous incarnez, se retrouve muté en homme boomerang. Vous apprendrez au cours de votre aventure que ce n'est pas si mal que ça comme mutation... ça ouvre les portes, ça découpe une tête en moins de deux et ca couperait même les ailes d'une mouche en plein vol si on sait bien s'en servir.
Si le prologue du jeu est très agréable dans son mélange d'action et d'infiltration accompagné d'un petit caché noir et blanc des plus sympathiques, nous déchantons dès le début du jeu. En effet dès la première cinématique la 
modélisation plutôt infecte d'un personnage tout ce qu'il ya de plus carré dans les arrondis donne un goût de refroidi à un genre qui attend son renouveau. Rajoutons à cela le sybillisme infectieux d'un scénario qui ne semble pas tenir à grand-chose et nous commençons à nous inquiéter. A priori rien ne va me direz-vous, mais ce serait exagéré. Non on ne peut pas dire que la forme soit complètement à refaire. En effet les phases de jeu sont assez bien réalisées malgré un problème assez flagrant de finitions. Il est a noter quelques bugs, comme un monstre de trois mètres qui se retrouve téléporté dans un hangar fermé sans en défoncer la porte... ce qui s'ensuit en général d'une mort définitive et catégorique. Les textures sont agréables et travaillées et posent les limites d'un monde à la noirceur affinée et composée à souhait. On se sent donc dans un environnement stressant comme on les aime, il y a même un côté Alien vs Predator par moment dans l'ambiance qui s'en dégage. Le héros est lui aussi bien fait et ses déplacements sont assez naturels comparativement à d'autres jeux bien plus saccadés. Sa liberté de mouvement en hérite cependant de fortes limitations.
Cela nous amène à parler du gameplay. Il s'agit bel et bien du point faible du titre. Il est effectivement plutôt mauvais et ne laisse la place qu'aux techniques de hyènes les plus subversives et inintéressantes à jouer. Au lieu de courir vous ferez donc des roulades en boucle autour des monstres jusqu'à ce que vous ayez assez désorienté la bestiole et vous-même au passage pour tirer votre boomerang dans tous les sens et espérer le tuer. Tiens, le boomrang, parlons-en. Si cette arme est assez sympathique un premier temps elle devient beaucoup trop redondante et limite les variations dans l'action. Il n'existe que très peu de fatalités sanglantes et celles-ci apparaissent dans un environnement trop sombre pour que l'on puisse en profiter pleinement. De plus, dès l'utilisation de cette arme intégrée à votre bras il ne reste plus grand-chose d'autre que vous puissiez faire. Vous pourrez par exemple utiliser un pistolet en parallèle mais les armes un peu plus lourde vous seront interdites dans leur utilisation optimale. En ramassant un fusil d'assaut vous aurez la possibilité de l'utiliser sur trente cartouches avant qu'il n'explose par exemple. Cela limite bien des choses et augmente la difficulté du jeu. Le bourinage ne sera pas toléré dans Dark Sector sous peine de mort imminente toutes les cinq secondes.
En plus d'être très difficile le jeu n'est pas satisfaisant et transforme un moment de plaisir stressé en une expérience pénible et douloureuse ou l'on peste plus que l'on ne s'amuse. A noter toutefois un bestiaire assez intéressant car légèrement innovant. Il faut quoi qu'il en soit aller plus loin que les premiers chapitres pour se rendre compte d'une certaine variété y compris dans l'ambiance et la monstruosité des adversaires ainsi que celle de votre corps devenu difforme. En persévérant un peu on apprécie potentiellement mais l'univers est plein de jeux beaucoup plus abordables que Dark Sector.
Dommage sur le papier ca pourrait faire un peu rêver. Quand on pense qu'au départ les concepteurs ne voulaient permettre que l'utilisation du boomerang, au final c'est un peu pareil. Le principal défaut de ce titre est qu'il est peut être trop maquillé pour avoir l'air honnête, on sent l'artifice à plein nez malgré un bon fond et une chouette forme, mais ça ne suffit pas à nous convaincre.
Dark Sector, c'est un challenge, selon le sens du terme que vous voudrez lui donner.
knackimax []

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