Tout commence, comme toujours, par une cinématique. Nero, jeune chevalier - un tantinet rebelle - de l'Ordre de l'épée, écoute avec ennui le sermon du prêtre local, tout en faisant le nécessaire pour faire passer un joli petit paquet cadeau à Kyrie (tout aussi jolie dans le style jeune vierge effarouchée), la fille de son boss. C'était sans compter sur l'apparition impromptue de Dante, le bien connu héros des précédents Devil May Cry, qui se fait un plaisir d'assassiner le maître de cérémonie.

Quand Nero, pas content, lui graver votre tombe L'aventure peut commencer... la première étape consistera à chasser Dante, puis à mettre à jour une machination visant à... chuut. C'est un complot secret !
Nouveau personnage, donc, pour ce nouvel opus du tueur de démon. Nero est la copie conforme de Dante à première vue, avec quelques années de moins à son actif. Mais en réalité, mis à part la dégaine et les cheveux gris, leur seul véritable point commun est d'être lié d'une façon ou d'une autre aux démons. Nero s'offre le plaisir de batailler armé d'une épée (Red Queen) pouvant se "charger" puis se vider en gerbes de puissance, d'une arme de poing plus proche du mousquet que de l'uzi (Blue Rose), et de sa main droite.

Kyrie el herisson C'est d'ailleurs sans surprise que je vous apprendrais que la main de l'adolescent est l'arme du diable, appelé plus sympathiquement « Devil Bringer » : elle lui permet d'amener à lui les démons qu'il croise, à plus ou moins longue distante, ainsi que de la lancer comme un grappin. En clair, c'est un excellent joujou pour extraire un ennemi d'un groupe, puis de lui faire sa fête en le secouant en tout sens, pour finalement jouer au bowling avec ses compères. Striiike !
Nero est sympathique, mais il va sans dire que même s'il possède une certaine classe dans sa façon de combattre, il ne tient pas la route face à Dante, qui est tout de même l'archétype du héros gothique guerrier et qui sait, lui, prendre du recul et parfois nous surprendre dans des scènes à l'humour improbable... en se donnant littéralement en spectacle (faire des jeux vidéo ça rend fou, on ne vous le répètera jamais assez).

Elle, elle n'est que dans les cinématiques,
mais elle bouge bien...Vous serez donc soulagés d'apprendre que l'on contrôlera tout de même Dante pendant une partie du jeu (un peu moins de la moitié), en soulignant le fait qu'il est incroyablement plus puissant que Nero (ou alors mon style de jeu lui correspond plus). Il est aussi bien mieux équipé : mallette démoniaque se transformant en lance-missile, gantelet transformant ses poings en machine à tuer, ailes lui permettant d'invoquer des flèches tueuses, et bien plus polyvalent, puisqu'il peut maîtriser quatre techniques différentes de combat.
Gros point positif concernant l'alternance des personnages : les « âmes perdues » accumulées au cours du jeu, qui permettent d'acheter de nouvelles compétences, sont totalement revendables, et sans perte. Ainsi l'expérience récupérée par Nero se transmet naturellement à Dante, et au-delà même de cet échange profitable, on pourra à tout moment décider de changer complètement de style de jeu en revendant ses compétences et en en achetant de nouvelles.

Berial, le boss tout feu tout flammeLe fait est que pour être vraiment efficace, on utilise toujours les mêmes au cours du jeu. Je n'ai notamment toujours pas compris l'intérêt de développer le tir à distance sachant que le corps à corps est terriblement efficace et qu'il doit n'y avoir qu'un seul ennemi capable d'envoyer des projectiles. Mais peu importe, chacun trouvera le fun là où il le souhaite.
Et en effet, si on peut certifier une chose concernant Devil May Cry 4, c'est qu'on apprécie grandement, malgré le côté répétitif, de parcourir des niveaux graphiquement aboutis (certains décors sont plus que de simples emballages ; on s'arrête pour les contempler tellement ils sont saisissants), et on s'amuse à délivrer le maximum de combos, en exploitant tout l'éventail de coups dont l'on dispose.
Graphiquement, donc, on est servi, repus même. On s'étonne de voir avec quelle efficacité les problèmes traditionnels d'aliasing que l'on trouve sur la xbox 360 sont là particulièrement bien évités. Il n'y a pas à dire, il y a du savoir-faire derrière tout ça. On sent le jeu travaillé, choyé, ce qui n'est pas pour nous déplaire.

Caramba, encore raté !Malgré tout, DMC4 n'est pas exempt de tous défauts, et même s'ils sont pardonnable parce qu'on s'attache réellement au jeu, on ne saurait les occulter totalement. Tout d'abord, les ennemis sont peu variés. On doit affronter à peine une vingtaine de types de monstres différents, sans parler des boss qu'on compte sur les doigts d'une main. Frustrant ! D'autant plus que le scénario est construit de telle manière que nous allons affronter non pas une fois, mais trois fois les boss... Dur dur. Il faut dire que Nero bâcle le boulot lors de son premier passage puisqu'il se contente de renvoyer les démons en enfer, et non pas de les éliminer totalement. Grave erreur, et manque flagrant de puissance. Heureusement que Dante passera par là pour finir le boulot.
Ensuite, on regrettera certains placements de caméra. Les vues en profitent toujours, mais il est quelques fois déstabilisant de passer d'une vue arrière du personnage à une vue avant. Surtout au niveau du pad...

Une jolie plante...Enfin, on sera à la fois heureux de la durée de vie (comptez quinze heures de jeu pour le finir une première fois), et mécontent car on l'aurait souhaitée bien plus longue. Et rare sont ceux qui s'attacheront à refaire tous les niveaux en changeant de mode de difficulté, ou en allant à la pêche aux missions secrètes.
Profitez pleinement de l'aventure, appréciez le style incroyable avec lequel se battent les héros, et retenez votre souffle lors des cinématiques. Devil May Cry 4 est un excellent jeu.
Guillaume []

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