Alors que Capcom ne pondait que des suites sur les consoles next-gen, voilà qu'ils nous envoient un nouveau héros. Dante qu'il s'appelle. Même que c'est le fils d'un démon du nom de Sparda qui s'est rebellé contre les autres démons du monde inférieur. Alors pour s'occuper, il a monté une boîte, le Devil May Cry, qui se charge de tous les boulots impossibles. Un jour, une jolie blonde du nom de Trish qui ressemble étrangement à sa mère (oui c'était une humaine) vient lui proposer d'aller sur l'île de Mallet pour aller déjouer les plans de Mundus, le chef du monde inférieur qui compte envahir notre chère planète. Dante prend son épée, ses deux flingues et c'est parti pour quelques heures de castagne. Sincèrement, oubliez que ce jeu a un scénar tellement il est mauvais. En effet, on a le droit a quelques rebondissements courus d'avance et des cinématiques parfois vraiment pitoyables si on ne les prend pas au second degré. De toute façon, le scénar, on s'en tape ! Place à l'action !
Le jeu vous place dans le peau de Dante en vue à la troisième personne avec une caméra dynamique (à la Tomb Raider). Devil may cry fait partie de ce nouveau genre de jeu très cinématographique où l'on bourrine de façon artistique, comme dans Max Payne. Seulement là, pas de bullet time, juste le maniement simultané d'une épée et d'une arme à feu. Vous aurez le choix entre deux armes de corps à corps (épée ou gants) et cinq armes à feu (deux guns, fusil, harpon, lance-grenade et nightmare béta). Chacune des armes de corps possède sa panoplie de coups et vous pouvez en apprendre de nouveaux. De plus, lorsque votre jauge démoniaque le permet, vous pouvez passer en mode démon et là encore, de nouvelles possibilités s'offrent à vous. Il en découle une grande variété de coups et on prend plaisir à réaliser des enchaînements de folie : par exemple, après deux-trois coups d'épée, vous envoyez l'ennemi en l'air, le maintenez en l'air en lui tirant dessus puis sautez pour l'achever en plein air. On s'en donne à coeur joie sur les ennemis de base. Chaque ennemi tué laisse derrière lui un certain nombre de sphères rouges. Elles vous serviront à acheter des bonus, des power-up, des nouvelles compétences ou à augmenter vos jauges de vie et de démon. On peut ainsi choisir de privilégier les compétences ou la résistance de notre héros.
Outre la possibilité de sauvegarder après chaque mission, vous pouvez dépenser des sphères jaunes (que vous pouvez acheter) après votre mort pour continuer là où vous en étiez. Cette astucieux système de sauvegarde permet d'éviter de devoir refaire tout un level quand on meurt juste à la fin. A ce gameplay dévastateur s'ajoute une très bonne prise en main, l'absence de loading et une réalisation vraiment soignée.
C'est bien simple, Devil May Cry est le plus beau jeu de la PS2. A part un aliasing assez présent, tout n'est que somptueux effets de lumières, magnifiques textures. Chaque pièce fourmille de détails, le moindre ennemi est modélisé à la perfection... La grande majorité de l'aventure se passant dans un château, vous aurez le droit à une ambiance gothico-démoniaque tout au long du jeu. Le design des monstres est vraiment original et assez imprévu pour ce type de jeu. En effet, outre les classiques chevaliers noirs et fantômes, on a le droit à des marionnettes bien vicieuses, des reptiles hargneux, des araignées projetant de la lave en fusion... Le design de Dante lui-même et de ses armes vaut le détour. Manteau rouge, cheveux gris, rarement un héros n'aura été aussi charismatique. Seul le design de certains boss déçoit comme cet espèce de poulet géant, pas vraiment coriace en plus de ça.
Là vous regardez incrédule la note finale et demandez des explications. Et bien tout d'abord, la localisation ayant été faite par des non-voyants, la version européenne écope de deux grosses bandes noires et d'un Dante qui à l'air de marcher au ralenti. Ah le bonheur du 50 hz... Ensuite et c'est LE défaut du jeu, Devil May Cry est court. Très court. En mode normal, en fouillant bien toutes les pièces et en perdant pas mal de vie, j'ai fini le jeu en huit heures et je suis persuadé qu'on peut le finir en deux fois moins de temps. Pour se consoler, on peut certes recommencer le jeu en hard (et laisser tomber).
Quoi qu'il en soit, Devil May Cry est un chef-d'oeuvre. Voyez-le plutôt comme un très long film que comme un jeu très court et la pilule du prix passera mieux. Espérons juste qu'il ne tarde pas à sortir en platinum et qu'il en soit de même pour sa suite.
CBL []

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