Divinity 2 nous met l'eau à la bouche. En plus d'être la suite de Beyond Divinity (en 2004 et suite lui-même d'un Divine Divinity sorti en 2002) petit JdR sans prétention qui avait illuminé un bon nombre de nos soirées une fois la fraîcheur de Diablo 2 dépassée, le jeu nous promet également de nous mettre dans la peau d'un maître dragon. Et il faut avouer que si la perspective de se transformer en cette bête mythique égale notre envie de jouer disons à la guerre par exemple, il nous a très rarement été donné l'occasion de réaliser ce premier rêve. Et puis là on parle bien de l'incarner avec une qualité graphique qui devrait faire honneur à la créature. On patiente donc en bavant jusqu'à ce jour d'octobre où l'exemplaire est enfin entre nos mains et qu'on insère une fois de plus un jeu dans notre console blanche (ou noire pour les élitistes, ou rouge, ou...
Force est de constater que la déception est immédiate et immense. Une séquence d'intro à la limite de l'insulte nous met pêle mêle des animations dignes de la Wii en 
contact direct avec quelques textures de très bon goût, lesquelles se perdent dans un marasme lumineux que l'on ne digère franchement pas. Timidement nous appuyons sur start en vérifiant bien au passage quelle boîte nous avons ouvert pour en sortir le saint CD et l'insérer dans la fente prévue à cet effet. Pas d'erreur c'est bien Divinity 2, lointain souvenir de screens plutôt léchés et agréables à mirer. Un problème d'animation très palpable donc. S'ensuit une séance de création de personnage plutôt minable qui nous fait remarquer qu'entre quatre coupes de cheveux et demi et quelques options de personnalisation assez maigres pour être dénotées, il faut se rendre à l'évidence : nous allons choisir le look de personnage sur la pochette avec sa balafre, c'est de loin le moins désagréable à regarder. La modélisation nous fait déjà souffrir plus que de coutume mais peut être est-ce un contre coup de la mauvaise surprise. Le bénéfice du doute plane encore tel un ange passant, nous susurrant à l'oreille quelques vérités que l'on n'ose encore croire.
On entame alors le jeu. On y croise ici de tout. Si certaines cinématiques donnent envie de pleurer par leur béatification et leur ciel dégoulinant de bonnes intentions, on se découvre une envie assez nette de ne pas regarder l'environnement. A coup sûr le 
portage sur console n'a pas été finalisé. Outre un clipping d'enfer qui fait apparaitre les touffes d'herbe à une quinzaine de mètres, et un soleil dirigé toujours sur le personnage principal pour couvrir la pauvreté graphique du ciel, on découvre des textures parfois moches et pourtant des fois agréables à regarder. Un fort problème d'alignement horizontal vient porter le coup final dans les moments où l'on aurait bien besoin de visualiser l'écran de manière efficace. L'un dans l'autre on aime peu malgré les quelques moments de grâce qui jalonnent notre aventure. Il reste néanmoins les phases d'introspection en vue Dragon qui restent elles d'une certaine qualité à toute épreuve. Ces dernières nous font nous demander pourquoi on a essayé de nous mettre un jeu de rôle en parallèle de cette aventure. Et c'est alors qu'on se rend compte que le parti pris choisi est bien l'inverse. Dommage, on aurait eu une belle vie de Dragon devant nous. Mais volant et crachant, on repart vers d'autres cieux.
Le gameplay est assez classique et nous mêne dans une aventure des plus tranquilles. La progression reste toutefois un point dur puisqu'elle se fait beaucoup sur des quêtes bateaux du genre : allez tuer le chef des gobelins, trouvez le cristal bleue de Quartz, amenez une lettre au père Boniface, Vite allons au château de 
Aaaaaaaaaaaargh, etc. Ces dernières sont couplées à du fracassage de gobelins et de squelettes dans les bois et dans les caves pour gagner assez d'xp et aller dans la zone suivante de l'aventure. On passe quelques mauvais moments à sauvegarder après chaque ennemi tué tellement l'équilibre des forces n'est pas des plus respectés. C'est un peu dommage et on désire une fois de plus laisser tomber sa manette. De plus les interactions avec les PNJ sont peu agréables à regarder. Elles s'englobent d'un flou artistique qu'on ne comprend pas vraiment, un effet de texture de l'ombre qui semble assez difficile à trouver pertinent. Quelques bonnes trouvailles viennent se rajouter à ce quasi fiasco comme la possibilité de lire dans les pensées (votre don en devenant Draconis). L'ensemble des dialogues ne se prend pas trop au sérieux ce qu'on apprécie également à sa juste valeur même si le manque de qualité de l'ensemble nous fais douter de la conscience de ce dernier élément chez les développeurs. Heureusement un bon doublage nous permet de raviser notre langue de vipère. De plus on tient quand même avec toutes ces quêtes et interactions une très bonne durée de vie pour le soft.
Le constat final est toutefois très mitigé. On se rend compte après quelques heures passées à vivre cette aventure que l'aspect physique est devenu un problème, du moins dans nos cœurs, et qu'on attend le prochain passage dragon avec impatience ainsi que la cinématique qui nous fera plaisir. Une façon un peu spéciale d'accrocher le joueur qui s'il est un peu patient se ruera plutôt sur un Dragon age origins qui, certes ne met pas en lieu et place d'un dragon, mais semble être un concurrent bien plus solide sur console. Pour la version PC c'est une autre affaire.
knackimax []

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