Dans la catégorie de jeux qui n'auraient pas existé sans la grande innovation tactile de la DS, dans la lignée des jeux Touch Generations, Elite Beat Agents, qui se joue à 100 % au stylet, mérite sans conteste et assurément une place sur le podium, que ce soit pour son innovation, son fun, son originalité et sa richesse.
Petit frère de Osu! Tatakae Ōendan! sorti en 2005, au Japon uniquement, Elite Beat Agents se conçoit comme une version européanisée avec en prime quelques améliorations.
Le délirant principe
La vie est plein de problèmes, chacun le sait et y fait face, dans la mesure de ses moyens et de sa patience. Mais un jour, on finit tous par craquer, un jour, on finit tous par péter les plombs quand une situation nous paraît insurmontable. Dans ces moments-là, notre coeur crie au secours de toutes ses forces.
Et dans ces moments là, l'agence secrète des Elite Beat Agents vient nous sauver. Car c'est bien connu, une petite danse bien rythmée et tout va mieux.
Concrètement, après avoir lu une petite histoire plus ou moins délirante, sous forme de comics défilant dans l'écran du haut et du bas, nous voilà, avec notre stylet, guidés par des cercles concentriques, à taper sur des ronds au rythme d'un rock plus ou moins hard et plus ou moins rapide.
Et plus nos touches seront bien coordonnées au rythme de la musique et plus la situation catastrophique de la malheureuse personne qui a appelé les Elite Beat Agents à l'aide s'améliorera jusqu'à ce qu'elle soit sauvée. Youpii ! On ne sait pas très bien comment le fait de danser à fond au rythme de la musique sauve ce petit enfant des griffes d'un golem de pierre géant, mais l'on s'en moque.
L'on ne peut que saluer une idée aussi originale et l'amusement complet qu'elle procure au joueur, qui hallucine toujours un peu plus au fur et à mesure des histoires.
S'agissant du répertoire musical qui est offert, il n'est composé que de 19 morceaux différents au total, ce qui n'est pas énorme mais pas si mal pour une console portable. En revanche, les chansons sont plutôt bien choisies et variées, virant de la ballade romantique au hard rock, en passant par du Madonna et YMCA.
Question jouabilité, à première vue, le jeu paraît très facile, même trop facile, pas très bien rythmé et peu convaincant. Mais après 2 ou 3 morceaux, les choses se corsent et les touches semblent beaucoup plus synchronisées au rythme, au point qu'on se fait vraiment plaisir à "danser" avec son stylet et à rire des histoires extravagantes qui nous sont offertes. Le fun est vraiment au rendez-vous, un peu à la manière de Donkey Konga, à la différence près que dans le cas présent, même en mode solo, on est complètement pris par le jeu.
A première vu également, on a l'impression que le jeu va être vite fini car il n'y a que 2 niveaux de difficulté et 16 morceaux de base. Mais en regardant les options d'un peu plus près, on s'aperçoit qu'il y a un mode multi-joueurs (en coopération et en confrontation, avec des histoires différentes du mode solo) ainsi qu'un niveau de classement de nos performances (calculé par la somme du total des points qu'on a fait), et qu'à chaque changement de niveau, on débloque des nouveaux morceaux. Et puis, en finissant le second niveau de difficulté, on a le plaisir d'en voir apparaître un troisième (il y en aura même un quatrième) digne récompense après le dernier morceau endiablé qu'il aura fallu recommencer 40 fois.
C'est d'ailleurs l'un des points un peu décevants du jeu en définitive. Quel que soit le niveau de difficulté, on réussit les 14 premiers morceaux quasiment du premier coup, et on bloque sur les deux derniers rocks autrement plus ardus et particulièrement longs qu'il faut recommencer trente ou quarante fois avant de réussir. On aurait apprécié un meilleur dosage de la difficulté.
Music power
On pourrait s'arrêter là et ne rien ajouter d'autre sur Elite Beat Agents. Mais, en prenant un peu de recul, on a envie d'en dire un peu plus et d'ajouter que ce jeu va au-delà du simple fun et du ludique. On a envie du saluer la belle idée qui sous-tend le jeu.
En particulier par l'histoire finale, mais aussi l'intégralité du concept, Elite Beat Agents, que ce soit voulu ou non, s'avère d'une certaine façon être une ode à la musique et à la danse, et à leur magie.
Oui ce jeu nous rappelle ce que peut être l'émotion d'un opéra, l'ivresse d'un concert ou la transe d'une rave. Il nous rappelle que la musique, universelle et accompagnant chaque moment et acte de la vie, a un pouvoir extraordinaire et beaucoup plus fort qu'il n'y paraît, car touchant à l'émotionnel et à l'irrationnel.
Alors bien-sûr, Elite Beat Agents fait cette ode sans prétention et d'une manière totalement irréaliste et humoristique, mais ce mélange des genres très « manga » ne choque pas.
Il y a du vrai dans ces histoires, histoires beaucoup plus sérieuses et profondes qu'il n'y paraît.
A quand la suite ?
PS :
1) Mode multi-joueur en coopération disponible uniquement si chaque joueur a une cartouche ;
2) Music Credits :
Walkie Talkie Man
Makes no differnce
Sk8er Boi
I was born to love you
Rock this town
Highway star
YMCA
September
Canned Heat
Material girl
La La
You're the inspiration
Let's dance
The anthem
Without a fight
Jumpin' Jack flash
Believe
ABC
Survivor
Islara []

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