Sony adopte un comportement de positionnement marketing bien étrange pour certains jeux qu'ils éditent. Après un The Gateway extrêmement médiatisé et pourtant fort décevant et à contrario, des jeux comme ICO et Mark of Kri, excellent et pourtant sorti dans un anonymat presque parfait, God of War emprunte le même chemin que les deux derniers jeux cités et sort ainsi, en toute discrétion, en ce mois de juin bien calme en terme de sorties.
Pourtant, ce jeu mérite tout sauf de l'indifférence car des atouts, il en dispose à foison, tellement même qu'il s'impose sans mal comme un des meilleurs jeux de la Playstation 2.
Carnage dans la Grèce antique
God of war appartient au genre très particulier des beat'em all, au même titre qu'un Devil May Cry ou autre Onimusha. Il nous plonge dans la Grèce antique et nous narre l'épopée de Kratos, un homme dont le destin est très fortement lié aux dieux.
Le contexte historique est fort bien exploité et on retrouve avec plaisir des dieux bien connu tels qu'Arès, Athéna, Zeus et leurs querelles incessantes ainsi que tout un tas de créatures issues de la mythologie qui vont empêcher Kratos de mener à bien son périple tels que des Méduses, des Minotaures, des Sirènes...
Il est très intéressant de remarquer que les développeurs se sont appropriés cette époque et l'ont adapté à leur façon afin de créer un univers très cohérent. Ainsi, les nombreuses références à l'antiquité sont présentes mais la représentation historique du personnage principal ou des créatures, par exemple, n'est pas respectée à la lettre. Le héros est ainsi un Barbare charismatique orné de tatouages rouges et les monstres, facilement reconnaissables, ont un design plutôt moderne.
D'ailleurs, parlons en de ce Kratos qui n'a vraiment rien d'un enfant de choeur et qui a complètement banni la notion de morale dans ses actions. Cet anti-héros massacre sauvagement tout ce qui est sur son passage (même les femmes et les enfants) et l'interdiction à la vente aux moins de 18 ans n'a jamais été autant justifiée même si ce n'est que de la fiction. En tout cas, ça colle totalement à l'époque où la violence régnait et les conflits étaient prédominants...
L'histoire du jeu est fort intéressante et on suit le passé et le présent tragiques de cet anti-héros avec un vif intérêt. Le tout est narré par l'intermédiaire de cinématiques en image de synthèse fort réussies et comportant des trouvailles esthétiques du plus bel effet. Ca a le mérite d'être signalé car il est très rare qu'autant de soin soit apporté à la narration d'un jeu, qui plus est quand c'est un jeu d'action.
Une Playstation 2 surboostée
Cette volonté d'apporter le plus grand soin possible se constate dans tous les éléments du jeu.
Ainsi, techniquement, on a droit au jeu le plus maîtrisé de la console avec des environnements de toute beauté à l'esthétique très soignée, une animation sans faille et d'une fluidité hallucinante, des angles de caméra idéalement placés (ça aussi c'est suffisamment rare pour être souligné), très peu d'alliasing et, cerise sur le clafoutis, des temps de chargement quasi inexistants même lorsque l'on change d'environnement. On reste bouche bée devant une telle démonstration et on se demande par quel miracle la console est capable de telles prouesses.
Par ailleurs, les musiques épiques collent parfaitement à l'univers et sont très bien orchestrées.
Prends ton pieds ami joueur
Le gameplay n'est pas en reste et puise des idées dans tout un tas de jeux de registres très différents afin d'apporter un dynamisme et une variété dans l'action hors du commun.
Ainsi, les affrontements sont ponctués d'actions contextuelles à effectuer pour abattre un ennemi avec des mouvements aussi violents qu'impressionnants et jubilatoires. Ces actions peuvent être de presser la bonne touche au bon moment à la manière d'un Shenmue ou d'un Resident Evil 4 ou de faire des quarts de cercle avec le joystick tel un Jet Set Radio. La variété des coups est elle aussi conséquente et tous les boutons de la manette sont utilisés et nécessaires : on peut effectuer des chaupes d'une cruauté remarquable, esquiver, parer, utiliser la magie et faire des combos dévastateurs à l'aide d' épées reliées à des chaînes. Toutes ces actions s'enchaînent sans temps mort et la jouabilité est d'une souplesse exceptionnelle. Le joueur doit apprendre à se servir de toutes ces possibilités selon l'ennemi affronté. Les boss gigantesques sont eux aussi de la partie, bien que trop peu nombreux, et promettent des affrontements épiques et d'une violence sans égal.
En plus de ces affrontements très soignés, les phases de jeu sont très variées et on n'a ainsi pas affaire à un « vulgaire » beat'em all. On a donc droit à des phases de plate-forme, d'explorations et à des petites énigmes plutôt bien pensées. Le jeu propose donc un challenge extrêmement varié et plaisant dans lequel les développeurs ont accordé le même soin à tous les aspects pour procurer au joueur une expérience unique.
Même l'évolution du héros est prévue : en récoltant des orbes rouges à la manière d'un Devil May cry, on fait évoluer son armement et ses pouvoirs magiques et on acquiert des nouveaux coups tous plus utiles les uns que les autres.
God of War va, néanmoins, suivre malheureusement la tendance actuelle qui est de faire des jeux courts, ainsi, une petite dizaine d'heures sera suffisante pour en venir à bout. De plus, la difficulté n'est pas très corsée en mode normal.
Les développeurs gâtent quand même les joueurs ayant fini le jeu : on a alors accès à des making-of très intéressants sur l'évolution du design des personnages au cours du développement ou encore sur les idées abandonnées par manque de temps ce qui montre une fois de plus l'attention toute particulière des développeurs pour le joueur afin de lui rendre l'expérience de jeu la plus agréable et enrichissante possible.
Conclusion
En conclusion, God of War surpasse allègrement tous ses concurrents en nous servant un jeu techniquement parfait, très agréable à jouer, varié, dynamique, le tout dans un univers extrêmement cohérent. Il s'impose alors sans mal comme un indispensable de la Playstation 2 et ravira tous ceux qui ont eu le plaisir d'y goûter.
kenji []

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