Lorsque l'on pense aux hack'n'slash, le nom qui nous vient tout de suite à l'esprit est Diablo, et derrière ce jeu, Bill Roper. Aujourd'hui à la tête de Flagship Studios, il s'attaque au monument qu'il avait alors créé chez Blizzard et qui reste la référence en la matière depuis 7 ans, Diablo II.

Métro, boulot, dodo.En 2020, les démons envahissent Londres et rien ne semble pouvoir les arrêter. En quelques jours, la cité est en ruines, l'armée britannique est anéantie, et ils éradiquent la majorité de la population. Seules quelques forces parviennent à combattre ce fléau, réunies sous les bannières de trois factions distinctes.
Les Templar partent en guerre sainte, tentant d'épurer les terres de toute présence démoniaque. S'ils ont gardé l'esprit chevaleresque de l'épée et de l'armure, ce n'est pas sans avoir les avoir équipés de technologie de pointe, dépassant tout le matériel militaire que l'on connaît.
Les Cabalists pensent que les démons doivent être domptés, et non éradiqués, sans doute pour monter un cirque où les carnagors remplaceront les tigres. Ils développent donc leurs connaissances des arcanes pour maîtriser cette nouvelle énergie maléfique.
Les Hunters sont des maniaques de la gachette, venus chasser la galinette éthérée. Une espèce d'organisation militaire secrète.
Les relations entre ces factions ne sont pas toujours au beau fixe, tant les objectifs divergent. On découvre aussi qu'aucune d'entre elle ne se présente véritablement en héros, renforçant l'aspect très sombre de l'univers. Et bien que l'on aurait pu imaginer se retrouver face à une trame scénaristique très simple, où les humains combattent une invasion de démons dont on ne sait rien, on constate que le background est en réalité très fouillé.

Le Reaper, un grand classique chez les démons.Le jeu nous propose de rejoindre l'une des 3 factions, qui chacune permet d'incarner 2 classes, pour suivre la même aventure.
Du côté des Templar, les spécialistes de la mélée, on trouvera le Blademaster, combattant avec une épée dans chaque main, et le Guardian, un paladin spécialisé dans la protection.
Les Cabalists, quand à eux, offrent des classes orientées sur la magie. L'Evoker permet d'infliger de lourds dégâts magiques, et le Summoner est aidé par les démons qu'il peut invoquer.
Enfin, les Hunters s'orientent sur un combat à distance, utilisant des armes à feu. Le Marksman est un fin tireur, et l'Engineer est habile pour se créer des drones armés.
Chacune de ces classes dispose de son propre arbre des compétences, compétences qu'il faudra choisir tout au long des 50 niveaux pour créer la spécialisation que l'on désire. Ces niveaux offrent aussi des points de caractéristiques à répartir selon les grands classiques que sont la Force, la Stamina, l'Accuracy, et le Willpower.

Jessica fait partie des personnages phares.Le maître mot du hack'n'slash, c'est l'action. Hellgate: London ne déçoit pas, l'action y est omniprésente. On se bat contre des hordes de démons de plus en plus forts et nombreux, dans le but d'accomplir quelques quêtes, ramasser quelque équipement, ou grapiller quelques points d'expérience.
L'interface et les contrôles, largements inspirés de Diablo II, rendent le tout très agréable. Une barre de compétences auxquelles on associe des raccourcis, et le duo d'actions sur clic droit et clic gauche, par défaut l'utilisation respective de l'arme en main gauche et en main droite. La vue, quant à elle, pourra être à la façon TPS, ou FPS pour les armes à feu, les sensations de jeu restant cependant celles d'un hack'n'slash.
On reprochera cependant à cette interface quelques lacunes au niveau de l'aspect social (liste d'amis, discussion, groupe), pas très au point pour le moment.
Ce bon feeling au niveau de l'action est accentué par un bon travail sur la forme pour éviter que le joueur s'ennuie. Tout d'abord, l'ambiance graphique et sonore. Si le moteur n'est pas une révolution technique, la réalisation est très bonne et l'univers possède un certain cachet. Les effets sonores et la musique renforcent l'immersion, avec une mention spéciale pour cette dernière, vraiment très réussie, avec un dynamisme accru selon l'action.
Les cartes sont générées aléatoirement, la surprise de croiser un Boss ou un Epic au coin d'une rue qu'on ne connaît pas est donc présente à chaque entrée dans une carte, qu'on l'ait déjà explorée ou non, pas de routine. De plus, si on exclut les quêtes, Hellgate propose des mini-jeux et des achievements. Ces mini-jeux récompensent le joueur par un loot aléatoire s'il vient à remplir quelques petits objectifs, qui peuvent aller de ramasser 3 armures à infliger 15 dégâts de feu, en passant par l'éradication de quelques zombies. Les achievements ressemblent beaucoup à leur homologue du Xbox Live. Il est question de remplir des objectifs sur le long terme, comme de détruire 1000 éléments du décor ou d'obtenir un certain niveau dans un temps imparti, pour obtenir quelques points AP et les échanger contre des récompenses.

On est parfois amenés à nous équiper pour y voir.Outre la très grande diversité au niveau des loots, le jeu permet dans une moindre mesure de fabriquer et d'améliorer son équipement. Assez proche du très simple système de crafting de Guild Wars, le jeu comporte quelques ingrédients de base qui s'obtiennent en démontant ce qui nous est inutile, et ceux-ci vont être utilisés dans la confection ou l'amélioration. De même, on trouvera des mods, sous la forme de relics, d'ammo, de fuel, etc., qui se grefferont sur notre équipement pour lui fournir quelques améliorations.
Le scénario se divise en 5 actes, cependant beaucoup moins distincts que sur Diablo II, chaque nouvel acte venant étendre la zone explorable, toujours dans l'environnement londonien. On évolue donc principalement dans les rues et dans les souterrains de Londres, mais quelques autres décors prennent place de temps en temps, histoire de nous dépayser.
On aurait cependant apprécié retrouver, comme chez son grand frère, une récompense à la hauteur de la séquence d'introduction entre chaque acte, mais le jeu est hélas avare en cinématiques.
Une fois les 5 actes terminés, le scénario reprend, cette fois dans un mode de difficulté appelé Nightmare, où notre personnage, bien que plus fort, fera face à une invasion démoniaque beaucoup plus puissante.
Le mode solo et multijoueur sont très proches dans leur fonctionnement. On parcourt les mêmes actes, mais cette fois-ci à la manière d'un Guild Wars, en joignant ou non un groupe de joueurs dans l'une des stations communes avant de partir à l'assaut, dans des cartes instanciées. La difficulté étant ajustable selon la taille du groupe, aucune restriction n'est imposée à ce niveau.

Oh la belle bête.Avec le multijoueur se pose la question de l'abonnement. Comme indiqué dans mon précédent article, un abonnement facultatif de 10 € par mois existe dans Hellgate: London. Facultatif, cela signifie qu'il offrira des mises à jour de contenu aux joueurs les plus hardcore désireux d'en avoir toujours plus, et qui n'hésiteront pas à s'abonner.
Evidemment, les patchs seront accessibles à tout le monde, et les non-abonnés ne seront pas restreints dans leur accès aux serveurs multijoueur, par lesquels ils seront obligés de passer, le jeu étant dépourvu de mode LAN.
Certains avantages sont cependant réservés aux abonnés, qui restent les seuls à pouvoir créer ou administrer des guildes (les non-abonnés pouvant les rejoindre), ils ont un coffre plus grand, plus de slots de personnages, et des modes de jeu supplémentaires, parmi lesquels le célèbre mode Hardcore (personnage mort, personnage supprimé).
Après toutes ces années, je peux enfin ranger mes CD de Diablo II. La relève est là, elle s'appelle Hellgate: London. Il fait partie de ces jeux qui rendent très vite accro, comme son frère aîné en son temps. Quel dommage que de nombreux bugs viennent entacher ce tableau de maître. Allez, quelques patchs, et on n'en parlera plus.
Configuration de test : Intel Core 2 Duo E6600, 2 Go de DDR2, GeForce 8800 GTX
Fen-X []

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