C'est en septembre 2006 que sortait dans nos vertes contrées Just Cause. Lorgnant clairement sur les plates bandes de Rockstar, le jeu d'Avalanche Studio se voulait une alternative plus fun et décomplexée aux jeux bac à sable à la GTA. L'accueil, aussi bien critique que public, fut plutôt mitigé. La faute à des contrôles douteux, une réalisation à revoir et à une trop grande répétitivité de l'action.Trois ans et demi plus tard Avalanche Studio revient avec un Just Cause 2 plus diversifié, plus grand, plus beau...
Alors bonne surprise ou pétard mouillé?
Commençons par un point sur le scénario.

Dis, tu me prête ton hélico?Rico Rodriguez,
agent d'élite de «l'agence» est envoyé sur l'île fictive de
Panao, dictature dirigée d'une main de fer dans un gant de fer par
son président lilliputien Baby Panay, afin de retrouver et
d'éliminer son mentor, traitre à la cause de l'agence. Rico se
retrouvera donc à travailler pour différente factions ce qui lui
permettra de démêler cette histoire pleine de rebondissements tous
plus risibles et clichés les uns que les autres. Moins manichéen
qu'on pourrait le croire au premier abord (le héros se voit confier
des missions de récupération de drogue ou d'assassinat de
fonctionnaires) le scénario est tout de même ultra patriotique et
convenu («je suis un américain de souche moi, et nous les VRAIS
américains on DETESTE les rouges»). On a du mal à saisir si
Avalanche
Studio joue
la carte du second degré à fond ou si la narration est juste
maladroite. Tout ceci est de plus desservi par une VF absolument
apocalyptique, peut être la VF la plus minable qu'il m'ait été
donné d'entendre (pourtant votre serviteur est extrêmement friand
de doublages nanars voire ringards). Si vous voulez la VO passez
votre console en anglais et dites adieu aux sous titres français. Arrêtons
là la palabre sur l'histoire (qui n'est de toute façon qu'une
excuse pour mettre Panao à feu et à sang) pour nous concentrer sur
le jeu en lui même.
L'aventure
commence de nuit alors que Rico est largué en chute libre à
plusieurs kilomètres d'altitude et la première impression ressentie
est: « la vache c'est super beau vu d'ici ».
WHOUUUUHOUUUUU En
effet la map étend avec majesté ses 1000 km² (quand même) sous
nos yeux ébahis ; forêts, montagnes, déserts, archipels, le
dépaysement est au rendez vous (Just
Cause premier
du nom n'offrait que la forêt comme unique environnement). Le joueur
remarquera également les villes, tâches de lumières se découpant
dans la nuit. Arrivé
au niveau du sol même constat, tous les panoramas sont magnifiques.
Pour ce qui est des décors à plus petite échelle, eh bien ça
impressionne moins vu de près. Les textures sont propres, même si
on est loin de la finesse d'un Uncharted
2 ou
d'un God
Of War 3,
mais malgré cela se promener dans Panao est un régal pour les yeux. La
construction des différents environnements de l'île est bien faite.
L'équipe de développement a fourni un bel effort pour rendre le
monde crédible: petit village de pêcheurs, temple abandonné au
milieu de la forêt, ville remplie de gratte-ciel, carrosserie des
véhicules qui se salit si on roule dans des chemins de terre...
Tout n'est malheureusement pas si rose. Bien que très vaste le monde est aussi très vide, les voitures ne se bousculent pas sur les routes et il n'est pas rare d'atterrir en ville et de ne voire que 4 passants, dont deux qui ne bougent pas, et aucun véhicule. La modélisation des personnages (proportionnelle à leur importance) peut également faire saigner les globes oculaires les plus sensibles et globalement les véhicules sont plutôt quelconques. Les véhicules, parlons en des véhicules. Pour traverser le millier de km² (c'est grand quand même) Rico pourra se servir d'une flopée d'appareils différents. Au nombre de 104 répartis entre autos, camions, motos, bateaux, hélicoptères et avions, tout est bon. Ou plutôt non, les véhicules terrestres pâtissent d'une physique exécrable et l'impression de conduire une savonnette montée sur des peaux de bananes rend tout trajet extrêmement laborieux (et par extension, toute mission de course poursuite extrêmement difficile). Rappelons que la map fait dans les 1000 Km² (whaaaa c'est au moins 30 fois plus grand que GTA 4) et que prendre une voiture quand l'objectif est distant de 20 Km et séparé par un bras de mer n'est peu être pas le choix le plus judicieux.
Passons maintenant au cœur du jeu: la cuisine! Pardon le gameplay!
Le
plus gros argument des développeurs était le fun apporté par
l'équipement de Rico, à savoir un grappin pour s'accrocher partout
et atteindre les hauteurs ainsi qu'un parachute réutilisable
instantanément. Bien que les contrôles demandent un petit temps
d'apprentissage le plaisir est bien là et le joueur se retrouve
rapidement à enchainer les cascades. Vous êtes poursuivi par les
forces de l'ordre? Pas de problèmes, lancez votre grappin pour
attraper une voiture en marche, atterrissez sur son toit, profitez en
pour arroser vos poursuivants avec l'une des armes que propose le jeu
(une dizaine, du revolver au bazooka), réutilisez votre grappin pour

Poufdétourner un avion qui passait par là, semez vos poursuivant et
jetez vous dans le vide pour finalement finir par vous poser sur le
toit d'un building et vous payer une petite séance de base jump.
Votre grappin sert également en combat: délogez les gardes de leurs
tours, accrochez les au plafond ou sur une bombonne de gaz sous
pression. Dans tout les cas le maitre mot est démesure.
L'expérience est cependant assombrie par de nombreux bugs d'affichage et de collision. Le fameux grappin ne réagit pas non plus toujours comme on le voudrait. Il n'est pas rare de rater sa cible, de ne pas s'accrocher là ou on le voulait voire de ne pas s'accrocher du tout. L'action souffre également d'une très mauvaise lisibilité, des balles arrivent souvent d'on ne sait où, même après un tour de caméra à 360°. Tout ceci rend les combats très frustrants et chaotiques. Habile transition, car le « chaos » est un élément de gameplay à part entière et est au centre de la progression. En effet les missions principales, celles qui font avancer le «scénario», ne peuvent se débloquer qu'en remplissant une jauge de chaos, ce qui peut se faire de plusieurs façons.
En
accomplissant des missions secondaires pour les trois factions
rebello-criminelles (des gangsters, des ultranationalistes et des...
rebelles sans pitié) qui essayent de destituer le gouvernement de
Panao, en explorant l'île pour trouver des objets et des caisses
d'améliorations (d'armes, d'armure et de véhicules) dissimulées un
peu partout, et enfin en détruisant des biens gouvernementaux. En
outre pour chaque action vous rapportant du chaos vous gagnerez de
bons vieux dollars vous permettant d'acheter armes et véhicules sur
le marché noir.

C'est bon je suis caché
Et c'est là que Just Cause 2 révèle toute l'envergure de sa durée de vie. Si il n'y a qu'une dizaine de missions principales le jeu en compte une soixantaine de secondaires et un bon millier (oui, oui) d'objets cachés. Les accros du 100% ont du pain sur la planche. Les missions en elles même sont dans l'ensemble sympathiques. Les secondaires sont assez basiques : escorte, assaut, récupération de biens, courses poursuites, que du classique à quelque exceptions près (mention spéciale à la mission qui vous demande de vous rendre sur une île mystérieuse, là où bateaux et avions disparaissent et sur laquelle courent d'affreuses rumeurs à propos de cannibales). Les principales par contre font souvent preuve d'originalité avec des missions en plusieurs étapes (vous rendre à un endroit, débusquer la cible, la forcer à la fuite, la poursuivre sur un lac gelé...). Le tout est emballé dans une ambiance de république bananière avec messages radio de propagande qui vont bien.
En conclusion que penser de Just Cause 2 ?
La copie d' Avalanche Studio n'est certes pas parfaite. De nombreuses lacunes subsistent, tant techniques, avec ses décors magnifiques et son aire de jeu immense mais plutôt vide, ainsi qu'au niveau du gameplay avec une action très fun mais très brouillon voire frustrante dans les combats. Au final l'expérience est assez inégale mais la variété du gameplay, des situations et l'énorme liberté d'action en font une aventure agréable qui s'apprécie à son rythme pour peu qu'on accroche à l'ambiance. Chacun pourra y trouver son bonheur, du gros hardcore gamer avide de sensations fortes jusqu'au joueur occasionnel faisant deux ou trois missions de temps en temps en passant par le joueur contemplatif passant des heures à admirer les vaste étendues de Panao et à chercher la moindre caisse cachée.
Ric_Pantera []

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