No One Lives Forever : Le C.R.I.M.E. Est Eternel est la suite si bien nommée de No One Lives Forever premier du nom (« Non ! » « Si si, j'vous assure ! »), sorti en 2000 sous la bannière Fox Interactive. D'un petit produit étalé modestement sur les étalages des boutiques, Nolf gagne rapidement un succès non seulement public mais aussi critique, grâce notamment à l'ambiance de son univers et une excellente qualité visuelle. En quelques mots, Nolf est un Shoot 3D (FPS pour les littéraires de la souris) prenant corps dans un environnement très sixteen, croisement entre l'esprit déjanté de Austin Powers et la classe de James Bond.
Nolf 2, proposé cette fois-ci par Sierra, reprend les valeurs de Nolf 1 en boostant légèrement le moteur graphique (Lithtech, que nous surnommerons Gerardtech pour plus de commodités) tout en améliorant les possibilités de jeu offertes.
Vous êtes Cate Archer, célèbre espionne de l'U.N.I.O.N. absolument magnifique (plastique irréprochable, yeux verts étincelants, bouche pulpeuse, coiffure un peu vieillotte mais d'une élégance soignée, une vraie petite femme « Parce que je le vaux bien »), aux prises avec l'organisation du C.R.I.M.E., un gros ramassis de vilains préparent un plan machiavélique désigné « 5mega ». Des méchants visiblement un peu rancuniers, digérant avec peine la bonne grosse déculottée que l'agent Archer leur avait si judicieusement infligée il y a quelques temps, qui n'ont pour le moment qu'une chose en tête : Cate Archer doit mourir !
Graphiquement, il sera difficile d'émettre un avis vraiment objectif, puisque je ne dispose même pas de la configuration requise (500 Mhz). Ce qui se traduit par l'utilisation du minimum extrême que peut me fournir le jeu. Même en baissant toutes les options dans leurs dernières concessions, le jeu reste d'une richesse graphique vraiment excellente, tout autant en modélisation qu'en texture (un peu moins les textures, vu que tout est au minimum). Le moteur Gerardtech a beau demander beaucoup de ressources, on les lui donnerait sans concessions si on les avait ! Même les personnages modélisés disposent d'une panoplie de mouvements crédibles et fluides, effort remarqué principalement lors des cinématiques du jeu, produites avec le moteur graphique. Une belle occasion encore d'admirer notre personnage, je ne le dirais jamais assez...
Donc, le jeu est beau, et il devrait l'être dautant plus en répondant aux attentes du moteur graphique (dans sa forme maximale, le 2 Ghz). Mais la principale force de Nolf 2 réside dans le fait qu'il combine plusieurs caractéristiques permettant au joueur de progresser de la façon dont il l'entend. L'IA des ennemis, efficace, leur permet de repérer les bruits étranges ou les étranges cadavres laissés dans les coins. Et une fois l'alerte donnée, leur nombre grandira rapidement. Alors deux solutions s'offrent à la jolie Cate (je ne le dirais jamais assez) : soit la jouer Rambo, truffant de balles le moindre petit garde armé (ou non) ; soit la jouer plus finaude. Et pour motiver les joueurs à la discrétion, Nolf 2 dispose de quelques arguments.
Lorsque Cate s'immobilise (ou marche lentement) dans un endroit sombre et/ou bien caché, un petit icône en forme d'oeil flanqué d'une barre se vidant apparaît, indiquant le temps qu'il vous reste pour être dissimulé. Si un garde ne fait pas un examen approfondi des lieux, il n'aura aucune chance de vous débusquer, à moins que vous ne produisiez du bruit (en renversant des bouteilles, en changeant d'arme, en vidant maladroitement un chargeur sur une tasse de café suspecte, etc). Capacité très utile lorsque que l'alarme a été donnée, pourvu que personne ne vous ai vu dans le laps de temps qu'il vous faut pour vous cacher. Si les recherches demeurent infructueuses, les ennemis rameutés retourneront à leur poste...
Pour éviter également qu'un garde s'interroge à propos d'un cadavre étrangement affalé en plein milieu d'une route, Cate a aussi la possibilité de ramasser un corps et de le planquer (action qui la ralentit énormément et l'empêche de se défendre). Il n'est pas rare de se créer alors un « espace à cadavre », minuscules morceaux de niveau consacré à l'entassement des ignobles méchants trucidés (j'affectionne particulièrement les petites maisons sombres). Plusieurs armes permettent d'endormir les adversaires, qui peuvent alors être déplacés (pour ensuite les achever en douceur, ou tout simplement traverser un passage sans effusion de sang).
Enfin, un ennemi endormi ou tué pourra être le sujet d'une séquence de « pouillage » bien connu des rôlistes, qui consiste à fouiller le pauvre petit moribond et récupérer tout ce qu'il a sur lui (armes, munitions, pansements, etc.). Par cette pratique, il n'est pas rare de tomber su des objets complètement saugrenus, comme des yo-yo, des rouges à lèvres, des bonbons, etc...
Autre point inattendu, chaque objectifs de mission et quêtes secondaires (ainsi que les récupérations d'infos mineures) vous rapportent un montant de points d'expérience, qui vous permettent d'améliorer vos capacités individuellement. Au nombre de huit, chaque niveau supplémentaire accordé à l'une d'entre elles vous apportera une augmentation de vos capacités, comme fouiller plus vite, tirer plus précisément, faire moins de bruit, etc. Une idée empruntée à Deus Ex, qui motive le joueur à effecteur les quêtes optionneles en vue devenir de plus en plus efficace...
L'univers de la sublime Cate Archer (je ne le dirais jamais assez) s'inscrit dans une ambiance sixteen un brin loufoque. Il n'est par exemple pas rare de ramasser sur les cadavres des listes de courses, des lettres post-mortem, ou même encore trouver une note vitale sur un bureau à la vue de tous, du genre « si un immonde espion capitaliste et décadent voulait tout faire péter, il faudrait qu'il pose une bombe sur le deuxième container ». Il arrive souvent aussi de tomber au détour d'un couloir sur une conversation de gardes, critiquant l'esthétique des grandes organisations criminelles ou bien s'interrogeant sur la façon de garder un homme à la maison. Un humour décalé et gentillet, agréable dans sa forme et son application.
Face à ce monde complètement frappé, la charmante Cate (je ne le dirais jamais assez) devait se donner les moyens de se défendre. 5utre le lot classique de mitraillettes, fusil à pompe, fusil de précision, j'en passe et des chargées, Archer dispose d'une panoplie de gadgets à rendre vert un James Bond. En premier lieu, le pistolet utilitaire, projetant plusieurs types de munitions à but bien précis, comme aveugler les caméras, endormir/engluer des ennemis, etc. Son sac à mains transporte aussi : un mascara-phazer (Un p'tit coup de jus pour assommer une cible), un poudrier-décodeur (idéal pour décrypter de codes secrets), un rouge à lèvres-appareil photo (sans commentaire.), le coupe-ongles-crocheteur, etc...
En définitive, beaucoup de points forts. Mais étrangement, cela ne suffit pas à sortir Nolf 2 du peloton des FPS. Les sensations procurées en terme de jeu sont très proches de celles perçues dans Medal Of Honor, consistant à avancer doucement, éliminer trois quatre soldats, puis poser une bombe. L'action n'en est pas rébarbative, bien au contraire, mais un surplus de diversités dans les missions auraient été bienvenue (bien que quelques unes se diversifient véritablement). De plus, et ce malgré une installation de plus de 1,5 Go, l'aventure s'achèvera au bout de quinze chapitres, laissant les bons joueurs sur leur faim (pas de réelle difficulté en mode normal). Enfin, la VF tend entre le moyen et le médiocre, ce qui reste assez exceptionnel dans le monde du jeu PC.
No One Lives Forever 2 s'inscrit au registre des bons FPS, d'une réalisation remarquable quoique très gourmande (le prometteur Gerardtech), apportant un certain paquet d'innovations trop rares dans les Shoot 3D en général, comme le système d'expérience et les capacités furtives. Les Quakers pourront évidemment la jouer violence, méthode très souvent payante pour peu que la capacité de tir de Cate ait été boostée. Les habitués trouveront le concept et l'univers décalé sympa, mais beaucoup trop court et un peu trop statique/linéaire dans les challenges. Autrement, quel plaisir d'incarner une si jolie donzelle, tellement peu fragile tout en restant L'Oréal !
Nicolas []

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