Il était une fois, à l'ère de la Playstation 2, une licence qui dominait les charts et le cœur des fanas de football. Chaque année, le mois d'octobre était synonyme du jeu le plus attendu, celui qui allait fatiguer la lentille de notre console préférée. Les studios KCET avaient réussi en quelques années, à se faire un nom et à ridiculiser le mastodonte EA Sports et son FIFA pourri qui sentait l'arcade à plein nez. Pour ceux qui avaient le football comme religion, PES était leur messie. Aujourd'hui, cela va faire 3 ans que le messie se fait attendre chez les aficionados du titre de Konami. L'opus estampillé 2010 va-t-il enfin mettre tout le monde d'accord ?
Un peu d'histoire dans ce monde de brute
Depuis un certain PES 6 sorti à la va-vite sur Xbox 360 pour
une histoire de gros sous, une daube infâme sans fond ni forme d'ailleurs,
Konami n'a jamais su se 
Messi si t'es beau toi! Mais si!relever sur les consoles HD. On pensait d'abord,
bêtement, que ce mauvais premier titre post-PS2 n'était dû qu'à des soucis de
temp de développement, et que la série se relèverait en 2007 avec PES 2008
(c'est compliqué les titres dans les jeux de sports), mais que nenni, et bis
patatras ! Une déception de plus. Accentuée par la renaissance de la
licence voisine et ennemie : FIFA qui ,avec son opus 08, revenait dans la
bataille, grâce à une refonte totale du gameplay. La licence PES
commençait à perdre pied, jusqu'à descendre de son piédestal en 2008, avec un
PES 2009 toujours décevant face à un très bon FIFA 09. Aujourd'hui, en octobre
2009, et après un excellent FIFA 10 qui met tout le monde d'accord, le vieux
roi de la simulation footballistique tente une dernière fois de reprendre le
dessus. Mais l'écart semble trop grand. Pourtant, Konami a mis les petits plats
dans les grands en travaillant le premier gros point noir de la série depuis
quelques années : le moteur graphique, qui était tout simplement indigne
des consoles HD.
Les graphismes c'est bien...
Et en effet, la différence saute aux yeux. La pelouse ressemble enfin à quelques choses, les effets de lumière donnent un certain cachet au titre. Les maillots ne semblent plus (enfin...) s'auto-repasser à chaque action, avec des pliures visibles et des textures moins lisses. Les visages sont généralement beaucoup plus réalistes que chez le concurrent. Les têtes sont plus marquées, le grain de peau plus vrai, et surtout la base de données de footeux qui ont un visage photo-réaliste est plutôt fourni. Il y a encore quelques absents chez les joueurs connus de notre championnat comme Mamadou Niang à l'OM par exemple, mais comparé au nombre de « vrais » têtes de FIFA 10, PES gagne le duel sur ce plan là. L'ambiance sonore a également évolué, on est loin du public sous anesthésie générale que les anciens de la licence ont pu connaître par le passé. Le public donne de la voix, et réagit un peu mieux aux actions de jeu. Enfin, bonne nouvelle, les anciens commentateurs ont giclé et ont été remplacés par le duo Margotton-Dugarry, les deux compères du grand match du dimanche soir sur Canal Plus. Pour une fois dans un PES, on change pas de suite la langue des commentaires. Bon c'est pas encore excellent, mais cela reste écoutable. Merci Konami d'avoir viré Christian Jean-Pierre et ses répliques ridicules. Merci, vraiment...
Mais ça ne fait pas tout !
Konami a fait un gros travail sur le plan graphique. C'est
un fait. Mais, à part pendant les replays, lorsqu'on joue pad en main avec la
vue classique, et bien, on n'a pas l'impression d'une évolution majeure. Les
animations sont toujours aussi rigides, les joueurs courent comme des Usain
Bolt, les mouvements donnent l'impression d'une Motion Capture effectuée sur
des robots et le terrain paraît minuscule par rapport aux 11 joueurs sur le
terrain. C'est rageant, car la physique de balle, elle, est toujours de
qualité, à la PES, avec des sensations immédiates. 
Remarquez le rose fuschia du curseur, splendideIl est assez désespérant de
prendre la manette après une partie de FIFA 10. Ici, dans le jeu de Konami, le
gameplay est à l'ancienne, on a l'impression d'être dans une salle d'arcade sur
Super Sidekicks. Pas de dribbles à 360° ici. Non, les bonnes vieilles
directions sur 8 axes feront l'affaire. Celui qui n'a pas touché au titre d'EA
Sports cette année n'aura sans doute pas cette prise en main désagréable, mais
on ne peut pas omettre ce point noir face à la concurrence. Konami se doit de
revoir son gameplay de A à Z, comme ce fut le cas pour les jeux estampillé FIFA
il y a peu. Les dribbles avancés se font ici comme dans un jeu de combat, avec
le stick gauche. Les passes vont trop souvent entre deux joueurs trop proches.
Les centres sont à la « PES », c'est-à-dire toujours sur la tête d'un
attaquant. Les demi-tours à 180° se font en un centième de seconde, le pauvre
défenseur étant toujours à la rue (les attaquants dans PES ont une hanche
bionique, c'est pas possible autrement). Les joueurs de « classe
mondiale » surclassent les joueurs lambda trop facilement encore. Il est
toujours aussi facile de partir avec Eto'o tout seul comme un taré et de
planter une grosse praline en lucarne. Et je ne vous parle pas des gardiens complètement
absents sur certaines phases de jeux. Il n'est pas rare de le voir s'arrêter
pour regarder le ballon rouler... dans son but, car ce petit malin pensait que
cela passait à côté. Cela fait des années qu'on connaît ses défauts, les
promesses sont là dans les communiqués de presse, mais il faut bien avouer que
dans les faits, il n'y pas eu beaucoup d'efforts de réalisés.
Des nouveautés inutiles ou presque
Konami a quand même travaillé quelques nouveautés, comme ce
principe de cartes, qui permet d'activer ou désactiver certaines aptitudes de ses joueurs. A priori, il est possible de tout faire, de gérer son effectif
comme on le sent, en choisissant par exemple, de forcer ses latéraux à monter
en attaque ou ses milieux à faire un gros pressing. Mais en pratique, ce
système est bordélique à souhait, pas ergonomique pour un sou, et qui plus est,
le résultat n'est pas transcendant à l'écran. Cette année, à la manière d'un
FIFA, les statistiques des 
Les stades sont jolis mais peu nombreuxjoueurs évoluent en fonction du poste affecté au
footballeur. En gros, si vous mettez un Messi arrière gauche, sa note aura
largement diminué. Là encore, cela semble être de la théorie de comptoir. En
effet, dans l'effectif, sa notation moyenne sera plus basse, mais sur le
terrain, il continuera à faire son One Man Show. Konami n'essaierait pas de
nous prendre pour des lapins de trois semaines ? Enfin niveau mode de jeu,
la classique Master League est de retour, avec l'intégration de la Ligue des
Champions et de l'Europa League, une plus grande gestion du club (salaire du staff,
centre de formations etc...) et des transferts plus réalistes au niveau des
sommes engagées. C'est toujours ça de pris dirons-nous. De son côté, le mode
« Deviens une légende » est de retour cette année, et n'a pas
changé : toujours aussi long, mais toujours aussi chiant à cause d'une
mauvaise gestion des co-équipiers par l'IA du jeu. Etant donné que dans PES,
les joueurs contrôlés par la machine ne savent pas ce que « faire un
appel » veut dire, autant dire que les parties sont vite limitées dans ce
mode. Et je ne parle pas des passes donnés quand il ne faut pas, et des
équipiers non-voyants lorsque vous êtes seuls, démarqués et que vous matraquez
le bouton « Passe ». Pathétique...
Licence, licence, dit moi quel est mon club
C'est bien beau de mettre des billets verts pour acheter les
licences de compétitions européennes, mais si c'est pour avoir des grands clubs
absents comme le Bayern Munich ou d'autres qui n'ont pas leurs maillots
officiels, cela fait tache. Par exemple, en Premier League anglaise, seules deux
équipes (Manchester United et Liverpool) ont leurs tuniques officielles. Les
fans de Chelsea ou Arsenal peuvent se toucher. PES est encore très loin de FIFA
dans ce domaine. Sans compter le nombre d'équipes disponibles beaucoup plus
faible ou encore des transferts pas à jour, comme , par exemple, notre petit
Jérôme Rothen qui squatte toujours le onze majeur du PSG... Pourtant on est fin
octobre, le Mercato est fini depuis 2 mois. Dans PES, on peut jouer au jeu des
7 erreurs, c'est cool ! 
Il paraît que c'est Chelsea contre Liverpool...Au niveau des modes onlines, là encore, c'est pas la panacée. Chez Konami, on doit pas croire au potentiel du jeu online.
Pourtant, c'est d'actualité non ? Toutes les licences sportives, que ce
soit EA Sports ou encore 2K Sports, proposent des modes online très poussés.
Ici, au mieux, c'est du 2vs2. Ne cherchez pas à jouer avec votre avatar du mode
« Deviens une Légende » dans un club online, dans du 10vs10 qui pète,
ici ce n'est pas possible. C'est à l'ancienne. C'est à la PES. Dans le
classique. En fait, voilà le gros défaut de Pro Evolution Soccer 2010 : on
joue à l'ancienne, comme si le temps n'avait pas eu d'incidence, comme si on
jouait aux jeux de football comme au début des années 2000. Il y a 10 ans, la
licence FIFA commençait à se casser la gueule au fil des saisons, jusqu'à un
point catastrophique. Aujourd'hui, PES prend dangereusement le même chemin. Les
fans de la première heure, comme moi, ont pitié manette en main, et se
demandent comment leur titre favori à pu finir aussi bas. Espérons un sursaut d'orgueil
et une refonte totale du titre pour les années à venir. En attendant, FIFA
peaufine sa réputation et semble de plus en plus dur à rattraper. En tout cas,
cette année encore, PES déçoit. Et un jour, malheureusement, si les choses
n'évoluent pas, PES ne sera qu'un jeu arcade pour les joueurs du dimanche.
Attention Konami : à trop s'asseoir
sur les bases de sa poule aux œufs d'or, les acheteurs perdent patience
et fuient. Le gazon est plus vert chez EA Sports. La roue tourne....
Riggs []

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