Le moins que l'on puisse dire, ce que l'abattage médiatique n'aura pas eu assez de Force pour venir que jusqu'à mes oreilles, un jeu pourtant annoncé depuis avril 2003 (soit presque un an jour pour jour après la sortie de l'excellent Jedi Outcast). Evitons d'entrée les blagues vaseuses faisant la part belle à des rapprochements avec certaines émissions télé - dont je tairais le nom - qui ont aussi un rapport avec des étoiles et des académies, cette fois on ne rigole plus. Jedi Academy est LE Jedi Knight, le petit éclair de génie ayant frappé l'esprit des développeurs qui ont enfin compris au fantasme près ce que les joueurs attendaient, l'apothéose d'une série de jeux vidéo mythiques sans aucun vilain petit canard, et incontestablement le panard du moment qui vous scotchera au PC pour quelques heures fortement intenses.
Plus de cette lopette de Kyle Kataarn, VOUS êtes le héros. Dans cette logique, Jedi Academy propose enfin l'innovation que certainement beaucoup avait imaginée sans jamais pouvoir l'obtenir : pouvoir créer son propre Jedi. Race (cela va bien sûr de la race humaine à d'autres plus exotiques, comme celle avec des trompes en guise de cheveux), visage, buste, et les jambes. On ne s'étouffe pas devant le nombre de possibilités mais l'initiative est déjà suffisamment louable pour que l'on ferme les yeux sur certains détails. Par exemple, sur le fait qu'un chevalier Jedi (ou Sith) doit automatiquement répondre à certains critères de sveltesse et de beauté, et que les petit(e)s gross(e)s n'ont par définition pas accès à la force. Mais je ne pense pas me tromper en affirmant que l'interface paraît suffisamment souple et que le moteur (de Quake 3) est suffisamment bien connu des graphistes en herbe pour oser imaginer que des « models » supplémentaires devraient rapidement être disponibles. Le patronyme, lui, n'est malheureusement pas configurable, compréhensible dans le sens où le jeu est entièrement doublé et qu'il est donc nécessaire d'avoir un nom prédéfini pour les aimables personnes qui travaillent derrière. Jaden, telle sera l'appellation mixte qui vous suivra tout au long de l'aventure.
Etape suivante, configuration du sabre laser. Non seulement la couleur du sabre, classique, mais également le manche parmi une dizaine de disponibles. Frémissement : une fenêtre sur le côté permet d'indiquer le style de combat utilisé par le personnage, une case bien vide qui n'affichera au départ un ridicule « sabre à une main ». Sacrebleu. Il y en aurait d'autres ? J'y reviendrai...
Vous êtes donc Jaden, un(e) nouvel(le) apprenti(e) Jedi en route avec vos nouveaux camarades de classes vers l'académie de Yavin 4 présidée par l'apparemment dépressif cyclothymique Luke Skywalker. Alors que vous entrez dans l'orbite de la planète, votre appareil est abattu en vol, contraignant les passagers à subir un atterrissage forcé en pleine cambrousse. Une manoeuvre de diversion, juste bonne à éloigner les véritables maîtres Jedi de l'académie, qui permettra à certaines personnes mal intentionnées de récupérer des précieux dossiers très loquaces sur la Force. Mais le corps enseignant de la nouvelle république est loin de se laisser impressionner par si peu : combat au sabre, pouvoirs de la force, diplomatie, l'entraînement commence...
Après quelques moments passés dans le camp d'entraînement aménagé de l'académie (les broutilles habituelles, permettant de se familiariser avec les pouvoirs de la force), en compagnie de votre nouveau pote Rosh, il sera enfin temps pour vous d'exercer toutes ces belles théories sur le terrain. Nouvelle innovation, vous n'êtes plus tenu d'accomplir les missions dans l'ordre imposé par le jeu. S'offre alors une liste de destinations diverses, lieux de missions aux objectifs variés, que vous pourrez remplir comme bon vous semblera, puis une interface pour choisir l'équipement emporté parmi la liste classique de Fusils Blaster, Lances-Roquettes, Détonateurs Thermaux, etc. Petite amélioration appréciable mais relativement bénigne, surtout pour la première fournée qui devra être de toute façon achevée en totalité ; mais il sera possible plus tard, par ce biais, d'esquiver certains niveaux si le coeur vous en dit.
Chaque succès vous gratifiera d'un point de Force supplémentaire à attribuer à l'un des huit pouvoirs que vous pourrez obtenir, les facultés de base (genre Maniement du sabre, Saut, Vitesse, ou encore Avant) s'améliorant d'elles-mêmes à mesure de votre progression dans le jeu. Il est évidemment possible de se tourner aussi bien du côté obscur - plus rapide, plus facile, plus séduisant - que du côté clair, le véritable basculement vers l'un ou l'autre aspect s'effectuant par un choix dans les dernières missions et modifiant le dénouement selon votre choix. Une fois le paquet de missions accomplies, un ou deux niveaux se glisseront pour faire avancer l'histoire, qui feront alors office de transition vers un autre paquet d'objectifs à accomplir.
Un effort remarquable semble avoir été fourni pour diversifier les missions et ainsi éviter une trop grande lassitude. Au programme, récolter des informations sur tel ou tel sujet, désamorcer ou poser des bombes, sauver des vies, se sortir d'un mauvais pas imprévu pendant une mission de routine, etc. On ne s'ennuie pas et c'est une excellente nouvelle. Surtout qu'à quelques reprises, le jeu pourrait marquer votre expérience de joueur pour peu que votre esprit soit suffisamment ouvert. Imaginez une séquence de motospeeders très rapide, le manche dans une main, le sabre dans l'autre, fendant l'air en essayant de faucher les quelques créatures belliqueuses hurlant du blaster à vos trousses. Sur Hoth, il sera même possible de monter un Taun-Taun (les créatures bipèdes de l'Empire Contre Attaque) et de charger les stormtroopers comme un soldat de cavalerie !
Inévitablement, il arrivera un moment où vous pleurerez la perte de votre cher sabre laser, que vous avez construit de vos propres mains. Mais vous êtes Chevalier Jedi maintenant, et se contenter d'un simple sabre serait un manque évident de panache. La claque de Jedi Academy arrive : outre le classique sabre à une main et ses trois modes de fonctionnement (Bleu - rapide mais peu puissant, Jaune - moyen, Rouge - lent mais dévastateur), vous pourrez opter pour un sabre à deux mains type Darth Maul, ou bien encore s'encombrer les mains de deux sabres lasers en même temps (type Anakin dans L'Attaque Des Clones)! Chaque style dispose de sa propre panoplie de mouvements et affiche des qualités comme des défauts, outre un esthétisme à tomber raide amoureux. Une animation précise des mouvements des personnages insuffle aux duels entre Jedi des allures de spectacles sur-colorés, et les ralentis suivant l'extermination d'un Sith ne font que rajouter à l'éblouissement procuré par l'affrontement titanesque. On se surprend parfois à faire n'importe quoi, surtout au commencement, mais l'expérience s'acquiert rapidement et le maniement en devient vite beaucoup plus maîtrisé.
La palette de mouvements de base se retrouve elle aussi élargie de quelques nouveaux déplacements bienvenus, comme marcher sur un mur à la verticale, ou effectuer un saut en longueur « Force Inside » très stylé. En contre-partie, les pouvoirs offerts par la Force ne bougent pas d'un pouce, et c'est avec un certain plaisir que les habitués retrouveront la Poigne (choper son adversaire par la puissance de son esprit pour l'étrangler et/ou le jeter dans le vide), les Eclairs, La Guérison, la Persuasion (convertir des ennemis, les induire en erreur), Avant (pousser), Arrière (tirer), etc.
Une fois de plus, le jeu bénéficie d'une sortie mondiale, à un ou deux jours près, grâce à une version multi-languages incluant le français. Textes à l'écran et voix sont alors doublés dans la langue de Jean-Luc Reichmann, avec plus ou moins de réussite comme c'est à chaque fois le cas. Le moteur graphique, un petit peu boosté vis-à-vis de sa version d'Outcast, reste relativement raisonnable si l'on oublie les recommandations techniques fournies avec le jeu. Un 800 Mhz semble être un minimuml pour pouvoir apprécier la fluidité du jeu à défaut de sa beauté technique, relativement conventionnelle en ce qui concerne les décors modélisés (supérieurs tout de même à ceux de Jedi Outcast).
Un peu plus de 20 missions vous seront proposées par Jedi Knight, largement moins prises de têtes que celles de son prédécesseur, et donc paradoxalement plus courtes. Et je ne saurais que trop conseiller les pros du sabre de commencer une partie en mode Maître Jedi ou Chevalier Jedi, afin d'éviter quelques grommellements sur la relative facilité du soft. Une vingtaine de missions, croyez-moi, cela peut devenir court quand le niveau de difficulté n'est pas adapté...
Mais quand y en a plus, y en a encore ! Le mode multiplayer a beau ne pas se démarquer beaucoup de celui de son prédécesseur, quel bonheur de pouvoir se trucider joyeusement avec un sabre double ou un personnage ambidextre !
Il serait facile de donner une définition rapide du nouveau jeu de Lucas Arts : Jedi Outcast en mieux. Diversité des missions (certaines sont vraiment jouissives), création d'un personnage et d'un sabre personnalisé, deux nouveaux styles de sabre-laser (double et un dans chaque main), extension de la panoplie de mouvements, univers Star Wars, avec pour seules contreparties une durée de vie qui pourrait se voir considérer comme bien courte, et un doublage français un peu moyen. Conquis, de bout en bout.
Nicolas []

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