Depuis sa première apparition dans le remarqué Uncharted : Drake's Fortune, Nathan Drake s'est posé comme un des plus impressionnants porte parole du monolithe de Sony, qui techniquement parlant en prenait soudain plein les gencives, et le jeu qui l'abritait devint une référence absolue en terme d'aventures virtuelles, au point que son héros se plaça immédiatement comme un concurrent de poids à celle qui tenait dans le genre le haut du pavé, miss Lara Croft herself. 
Nathan Drake. L'aventure (et les emmerdes) lui
colle(nt) à la peau !Le secret de ce succès ? Un héros intrépide mais terriblement humain et attachant, de l'exotisme, de l'action à gogo, une pointe de surnaturel, une galerie de personnages secondaires extrêmement bien écrits et une réalisation technique que l'on peut sans exagérer qualifier de magistrale, empruntant ses codes au cinéma d'aventure, et ce autant à Indiana Jones qu'à L'homme de Rio (pour le rythme soutenu et le dépaysement) et à A la Poursuite du Diamant Vert (pour la décontraction glamour de Drake et ses relations avec Elena Fisher, rappelant beaucoup le couple Douglas/Turner du film de Zemeckis).
Uncharted 2 : Among Thieves lui, s'était imposé il y a deux ans comme LE blockbuster de fêtes de fin d'année (allant jusqu'à faire vendre des PS3 comme des petits pains) pour cause de « encore plus que le premier volet », et raflait du même coup le titre de plus beau jeu vidéo toutes consoles confondues. Au passage, le jeu en profitait pour s'offrir un mode multi - absent de Drake's Fortune - des plus réussis, lui assurant une belle durée de vie une fois le solo terminé (au moins deux fois !).
Et en cette fin 2011 c'est enfin Uncharted 3 qui débarque sur les étagères des revendeurs, et pour nous c'est l'heure de juger sur pièce de la qualité de cette troisième suite.

Dans Uncharted 3 on en apprend plus sur la
relation qui unit Nathan à Sully.Inutile de s'appesantir sur l'histoire, très bonne mais dont nous ne dirons rien exprès afin de ne pas gâcher le plaisir de la découverte (on se contentera de dire que Nathan est toujours sur les traces du long périple effectué par son « ancêtre »), et commençons tout de suite par aborder l'aspect purement visuel du soft. Et là c'est bien simple, si Uncharted 2 se plaçait il y a deux ans comme le plus beau jeu réalisé sur consoles HD, eh bien ce troisième épisode reprend sans peine le flambeau. Bien entendu le contraire aurait été surprenant, mais force est d'avouer que là encore Naughty Dog s'est surpassé, que ce soit pour les décors, magnifiques et foisonnant d'un luxe impressionnant de détails, les éclairages et jeux de lumière véritablement somptueux ou l'animation de Drake, faisant de ce dernier le personnage virtuel le plus réaliste jamais croisé dans un jeu vidéo tant sa gestuelle est humaine et ses réactions en parfaite symbiose avec son environnement. Un vrai tour de force qui devrait inspirer bon nombre de développeurs tellement on en oublie que l'on dirige un « avatar ». Bien entendu le charisme du personnage est aussi dû à l'exceptionnelle performance - une fois encore - de l'acteur Nolan North qui prête sa voix à Drake en V.O et qui donne la réplique à un casting - là aussi encore - de très haute volée (que les anglophobes se rassurent, la V.F est également très soignée). Bref, force est d'avouer que l'on a rarement vu un résultat aussi abouti à ce jour.

"Accroché à l'avion par les dents, j'avais envie
de rire !"Malgré tout, ce qui surprend un peu quand on commence Drake's Deception, c'est que justement on n'est pas vraiment surpris. Uncharted 2 avait placé la barre tellement haut - au point qu'il met toujours 20 claques à la majorité de ce qui s'est fait depuis - et cette suite avait tellement été annoncée comme encore plus soignée et encore plus épique que c'est sans véritable étonnement que l'on constate que le contrat est finalement rempli avec brio, d'autant plus que, comme ses prédécesseurs, Uncharted 3 fonctionne sur la base d'un cocktail alternant exploration, résolution d'énigmes et gunfights furieux, le tout au sein de niveaux dont le level-design laisse pantois d'admiration tant il ne laisse toujours rien au hasard dans sa conception

Un bref moment de répit...Mais que l'on ne s'y trompe pas, c'est aussi dans le respect de cette recette que le jeu puise toute sa force, et si l'habitué de la série pourra à coup sûr prédire le moindre changement de rythme il va quand même se faire embarquer pour un ride comme il n'en a pas eu souvent dans sa vie de gamer, et à ce niveau là Naughty Dog fait très fort. Car à l'instar d'Indiana Jones, Drake est continuellement dans la panade, et pas qu'un peu, et les développeurs du jeu n'ont pas manqué d'imagination pour ce qui est de faire toujours plus monter l'adrénaline et donner au joueur du grand spectacle lors de séquences qui scotchent au pad et en mettent plein les mirettes. Du pur bonheur, d'autant plus que Uncharted 3 est une vraie mécanique suisse pour ce qui est du rythme et réussit, malgré ses situations convenues, à constamment maintenir le joueur sur le fil, le poussant sans cesse à « être Drake » et à faire totalement corps avec le personnage pour se sortir des pires guêpiers.

Don't look down !Et les situations tendues ce n'est pas ce qui manque dans Drake's Deception, à commencer par les combats ardus où il va falloir faire face à une petite armée équipée de flingues, pistolets mitrailleurs, fusils à pompe, fusils de sniper, grenades, lance-grenades, bazookas...et qui attaquent souvent en même temps et en grand nombre ! Et comme si cela ne suffisait pas, les barbouzes sont épaulés d'une I.A loin d'être basique : ils se planquent, essayent de vous prendre à revers et sont rapides à vous en coller une entre les deux yeux avec un fusil de précision. De plus il n'ont pas peur du corps à corps et certains molosses (qui doivent manger un Zangief tous les matins au p'tit déj') sont là uniquement pour vous broyer les os à mains nues, sans oublier les costauds intégralement recouverts d'une protection pare-balles et qu'il faudra soit shooter en pleine tête (après avoir réussi à virer leur casque), soit aller savater à la mano. Conséquence directe de cette nécessité d'aller souvent jouer du poing, la palette des coups de Drake se voit encore étendue dans ce troisième opus, avec la possibilité pour notre héros - en plus des classiques bourre-pifs et esquives - de se dégager d'une choppe et de contre attaquer et de cogner sur un vilain avec les jambes même si un autre lui maintient les bras. A certains moments l'affrontement de près occasionnera de petites actions bien classes, comme celles où Drake récupère au vol l'arme d'un bad guy après lui avoir asséné un uppercut (c'est pas nouveau mais toujours jouissif), utilise un objet du décor situé à proximité pour s'en servir sur son assaillant, ou encore quand il dégoupille la grenade encore attachée à la ceinture du pauvre bougre - qui se met alors à paniquer pendant les quelques instants qui précèdent le fatidique moment où il va finir éparpillé, « façon puzzle ». Et puisqu'on parle de grenades, on notera également que Drake peut maintenant les renvoyer à l'ennemi, ce qui n'est pas dommage compte tenu du fait qu'en face ils sont toujours aussi enclins à distribuer allégrement ces fruits pas bons pour la santé. Au final on obtient donc des combats toujours aussi dynamiques et « hollywoodiens » que ne vient plomber qu'un seul petit détail : l'I.A des partenaires de Drake. Bizarrement ces derniers ont en effet tendance à agir en dépit du bon sens, et tandis que les projectiles fusent et que vous passez votre temps à vous mettre à couvert, eux courent dans tous les sens au milieu du chaos, sans jamais s'en prendre une ! Et dans la même logique les ennemis ne s'intéressent absolument pas à eux, c'est 
...celui qui rira prendra une manchette !juste votre peau qu'ils veulent. Cela n'enlève rien à l'intensité des fights, mais parfois cette incohérence - et le décalage que ça provoque avec leur rôle en tant que personnages dans la mythologie de Drake - énerve un peu. Heureusement, vos alliés sont quand même capables de coller une praline là où il faut de temps à autre, ça compense un brin.
Côté exotisme l'amateur d'aventure sera comblé. De Londres au Yémen en passant par la France, Carthagène ou un immense cimetière de paquebots, Uncharted 3 offre comme promis un dépaysement total et des panoramas grandioses dont le jeu tire admirablement parti pour proposer des moments mémorables, comme l'échappée d'un navire en train de sombrer dans les abimes, une éprouvante traversée du désert à pieds ou l'attaque à dos de cheval d'un convoi routier lourdement armé. Ah ça, on nous avait promis de l'épique, et on n'a pas été trompé sur la marchandise ! Il faut dire que comme tout bon aventurier qui se respecte, Nathan est souvent dans la m****, la vraie, celle où les chances sont de un contre cent. Aussi quel bonheur de s'en sortir in-extremis quand on a réagit comme il fallait quand il le fallait, pour finalement défier les probabilités d'une mort certaine et entendre cet éternel trompe-la-mort de Drake s'étonner lui-même, en prononçant une réplique dont il a le secret, de toujours faire partie du monde des vivants (et quelle surprise quand juste après un nouveau coup du sort lui tombe sur le râble !)

En multi on peut même utiliser des petites bébêtes ! Comme pour le précédent épisode, Uncharted 3 dispose d'un multi qui prolonge le plaisir de la grosse dizaine (voire - si vous êtes aussi bons que moi - de la douzaine) d'heures que compte l'aventure principale. Un multi où l'on retrouve du Team Deathmatch et du Capture the Flag, et où certaines nouveautés font leur apparitions, comme un mode Free for All, un autre avec des missions à objectifs variables en cours de partie et, plus intéressant, un mode Deathmatch par équipe de deux pour des affrontements opposant trois équipes à chaque fois. Syndrome Call of oblige, les joueurs peuvent maintenant sprinter et gagner de l'expérience et de l'argent pour bénéficier par la suite d'améliorations dans le gameplay de leurs personnages, en plus de pouvoir - comme précédemment - largement influer sur leur apparence. Le jeu offre également l'opportunité de se défouler en co-op avec un ou des potes, en écran splitté ou online, soit sur quelques missions issues des modes solo d'Uncharted 2 et 3, soit au cours d'un mode Horde - appelé ici Arène - où il s'agira donc de dessouder des vagues d'ennemis de plus en plus retors. Assurément du tout bon pour passer un moment convivial.
Uncharted 3 : Drake's Deception est donc bien un titre qui tient toutes ses promesses. Avec un moteur graphique qui réussit l'exploit d'être plus beau que celui d'Uncharted 2, une direction artistique sans failles, un rythme qui ne débande jamais et de grands moments d'action et d'aventure qui feraient pâlir de jalousie les meilleurs films du genre - le tout servi par une exceptionnelle réalisation mixant à merveille cinéma et jeu vidéo et s'agrémentant d'un multi-joueurs qui ralliera sans peine les fans de Drake -, on ne peut finalement lui reprocher qu'une seule chose, c'est de n'être « que » la suite d'Uncharted et Uncharted 2.
Alors foncez !
Mandark []

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