Ah ! Unreal Tournament ! De grands souvenirs de LAN avec les potes, à alterner avec son concurrent direct, Quake III Arena, tous deux sortis en 1999. La série fait partie des valeurs sûres en matière de FPS multijoueur, et en bonne série à succès qui se respecte, on attendait tous ce nouvel épisode, la bave aux lèvres.

De nouveaux environnements...J'aimerais commencer par la campagne solo, même si c'est loin d'être le plus important, le scénario vaut le détour. Oui, Unreal Tournament 3 est scénarisé, ça vous en bouche un coin je suis sûr. Loin du classique tournoi de la Liandri, prétexte bateau mais acceptable, on se retrouve dans une véritable guerre. Jusque là, rien de bien renversant, mais attendez la suite, car chez Epic, on aime bien essayer d'être cohérents jusqu'au bout, quitte à être ridicules. Alors accrochez-vous, voilà les détails de l'histoire. Les appareils à respawn utilisés lors du Unreal Tournament ont totalement transformé les guerres. Les soldats tombés reviennent au front, ce qui pose forcément quelques petits problèmes. Du coup, les plus grands combattants du tournoi sont engagés dans des armées privées, pour se battre grâce à ces nouvelles armes que eux savent maîtriser. Et c'est là que ça devient rigolo. On nous explique que le quota de frags pour gagner un Deathmatch correspond au nombre de respawns que peut générer un respawner avant de ne plus avoir d'énergie. Pire encore, en Capture The Flag, on nous explique que les flags permettent d'alimenter ces respawners, et qu'ils ne peuvent être détruits qu'avec l'énergie d'un autre flag. Ridicule, s'ils voulaient à ce point faire un scénario pour Unreal Tournament, pourquoi ne pas être resté autour du tournoi, quitte à lui donner un peu plus de consistance ? On ne s'intéressera à cette nouvelle campagne, qui n'est finalement qu'une succession de missions qui nous ramèneront plusieurs fois sur les mêmes cartes, que pour en prendre plein les yeux avec les cinématiques séparant les différents chapitres. Une motivation suffisante, la campagne nous permet de nous replonger dans la série en découvrant les nouveautés de cet épisode, mais ça reste décevant, à cause de ce background.

Une bonne vieille map de Unreal Tournament.Mettons de côté ce mode solo pour nous intéresser au coeur du jeu. Unreal Tournament, c'est une série qui a fait ses marques en multijoueur, et cela reste au coeur de cet épisode. On retrouve donc nos chers Deathmatch, Capture The Flag, mais on déplore l'absence du très célèbre Assault qui donnait beaucoup de charme à la série. Heureusement, il n'a pas totalement disparu. Un nouveau mode, Warfare, est à première vue le nouveau nom du Onslaught, mais celui-ci reprend beaucoup d'éléments du mode Assault. Un front beaucoup plus marqué, des phases scriptées, comme pour le Assault, mais autour des nodes et des véhicules qui définissent le Onslaught. Une fusion très réussie, il faut le reconnaître, donc si on boude dans un premier temps, ce sentiment ne dure pas.
Les véhicules sont toujours de la partie, mais le gameplay a été recentré sur l'infanterie. On se souvient que les parties tournaient aux guerres de véhicules sur Unreal Tournament 2004, laissant peu de chance à la piétaille de se faire remarquer autrement que dans une gerbe de sang. Cette fois, c'est différent, les véhicules sont bien moins résistants, moins faciles à contrôler, et les nouveaux véhicules sont eux aussi à ce même niveau. Et pour faire plaisir à l'infanterie, un hoverboard tout droit sorti de Back to the future vient prendre la place du translocator pour permettre les déplacements rapides. Lors des parties en mode Warfare, la présence d'une orbe ayant la faculté de réparer, de capturer, ou de protéger un node encourage une nouvelle fois à se balader à pied, car cette orbe ne peut être transportée dans un véhicule.

Si seulement vous pouviez voir ça bouger...Au niveau des armes, les amateurs du premier Unreal Tournament seront aux anges, car ils retrouveront les sensations d'antan, et même dans certains lieux d'antan. Le charcutage comme à l'ancienne. Légèrement plus lentes, mais bien plus brutales, c'en est fini d'encaisser facilement plusieurs coups de son adversaire. Cependant, le rocket-launcher garde son chargeur 3 roquettes, ce retour aux sources ne nous fera pas retrouver les 6 roquettes qui rendaient cette arme si impressionnante. L'enforcer signe son grand retour (avec toujours la possibilité d'en avoir un dans chaque main), ainsi que l'impact hammer. Le casting au grand complet, sauf pour le minigun, remplacé par la mitrailleuse stinger, dont la différence se situe au niveau du tir alternatif. C'est aussi la fin de l'adrénaline, mais de nouveaux bonus prendront place aux côtés de l'amplificateur de dégâts et de l'invisibilité, à savoir le berserker, qui augmente radicalement la cadence de tir, et l'invulnérabilité, dont l'effet est assez simple à comprendre. Dans le chapitre des bonus, un nouveau type fait son apparition, les objets déployables. Ceux-ci peuvent être des charges explosives, des pièges, des boucliers que l'on utilise sur le champ de bataille.
Pour enrober ce monstre de gameplay, Epic a sorti son plus bel emballage, le Unreal Engine 3, avec une bonne optimisation pour se permettre de tourner admirablement sur des machines moyennes. Avec un design et une technique assez proche de Gears of War, mais dans des espaces bien plus grands et variés, on se retrouve en présence d'un des plus beaux jeux de cette fin d'année. J'oserais même dire que c'est le plus beau jeu de cette fin d'année, n'en déplaise à ceux qui viendront me parler de la physique d'un Crysis, ou de l'identité d'un BioShock. Mon chouchou, c'est lui. Des gros Marines élevés aux stéroïdes dans 3 tonnes de métal, le tout dans un univers de science-fiction bien gras, avec une réalisation irréprochable, j'adhère totalement, et ça colle parfaitement au jeu.

Ca, c'est toujours aussi jouissif.Toujours dans l'idée du retour aux sources, Epic nous ressort les vieux thèmes musicaux, très bien remixés. Un lifting audio à la hauteur du lifting graphique, très bien. Et comme toujours, le jeu est multilangue, une option indispensable, car la version française est elle aussi fidèle à l'esprit Unreal Tournament : laide. Ce retour aux sources aura cependant eu un impact négatif : la disparition de la sexy voice ! Pourquoi ? Pourquoi avoir privé les perv... les joueurs comme moi de cette douce voix orgasmique qui donnait du coeur à l'ouvrage. Rien que pour la faire hurler, on avait envie de fragger.
Unreal Tournament 3, c'est clairement mon FPS de l'année, une véritable claque à tous les niveaux. Son gameplay "à l'ancienne" a toujours de beaux jours devant lui, il n'a pas pris une ride. Il y a cependant une fausse note, on attend toujours le serveur dédié linux, ce qui impacte forcément le multijoueur, qui n'attend que ça pour décoller. Mais on ne va pas bouder son plaisir, le jeu est réussi autant sur le plan technique que sur le gameplay, ce qui le rend incontournable.
Configuration de test : Intel Core 2 Duo E6600, 2 Go de DDR2, GeForce 8800 GTX
Fen-X []

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