8/10Pandora's Tower - Test Wii

/ Critique - écrit par Nicolas, le 17/04/2012
Notre verdict : 8/10 - Un dîner presque parfait (Ecrivez votre critique)

Tags : pandora tower elena nintendo wii chaine test

Pandora’s Tower fait partie du trio de RPG concerné par l’opération américaine Rainfall. Cela sonne comme une campagne de guerre, mais l’objectif est déjà plus louable : afin de critiquer la politique d’édition de Nintendo Of America, les joueurs américains ont décidé de multiplier les opérations de buzz pour montrer l’intérêt qu’ils vouent à Xenoblade Chronicles, The Last Story, et Pandora’s Tower ; trois jeux sortis au japon et en Europe. Dans les faits, l’opération consistait principalement à spammer Nintendo pour réclamer la sortie des trois jeux et à les précommander sur Amazon. Pandora's Tower - Test Wii
DR.Chose qui était encore impossible il y a vingt ans, les joueurs obtinrent gain de cause : Xenoblade est actuellement disponible aux Etats-Unis depuis le début du mois, et The Last Story arrivera au mois de juin. Quant à Pandora’s Tower, rien n’est encore confirmé, ce qui est plus que dommage étant donné la qualité du titre.

Ce qu’il y a de préoccupant pour nous, européens, c’est la manière dont le titre arrive sur nos étalages : sans grandes pompes ni grosse campagne de pub. Le manque d’intérêt est inquiétant dans le sens où il s’agit d’un des derniers grands jeux Wii à se farcir, ceux que l’on aurait aimé voir apparaître quelques années plus tôt. Mais au moins, par rapport aux Etats-Unis, il n’y a pas eu trop de suspense quant à sa publication, le jeu a été annoncé il y a un certain temps et il est pratiquement certain qu'il trouvera son public. Au moins autant qu’on put le faire Xenoblade et The Last Story, à la différence que si ces deux derniers auraient pu exister sur une autre plate-forme, Pandora fait partie des titres qui savent utiliser la Wiimote avec pertinence et en fait une de ses caractéristiques principales. Un jeu à la Wiimote qui fera plaisir aux gamers, voilà ce que je suis en train de vous annoncer.

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Rien qu’avec le pitch de départ, la sensation d’avoir affaire à un hors normes est présente. Peu de choses est révélée par la cinématique d’intro. Une princesse, Elena, est touchée par une funeste malédiction : à mesure que le temps passe, la jolie greluche se transforme en horrible monstre, avec des tentacules, des proéminences violettes, plein de trucs dégueulasses sur le visage. Sa vie d’insouciante princesse lambda est donc fortement compromise, mais heureusement, un jeune soldat s’est entiché d’elle : Aeron. Et pour arranger encore davantage les choses, une inoffensive mémé transportant un repoussant vieillard les prend sous son aile et les emmène à l’endroit où la malédiction pourra être levée : la brèche. Treize tours s’y dressent, chacune abritant son lot de monstres et pièges en tout genre ainsi qu’un grand gardien bien plus costaud. Pour ralentir la transformation d’Elena, celle-ci doit bouloter de la chair de bête ramassée sur le cadavre fumant des bestioles de la tour. Et pour l’éradiquer une bonne fois pour toutes, il lui faudra déguster la viande des grands maîtres des treize tours. Et c’est Aeron, bonne poire, qui va devoir se coltiner la partie physique de l’entreprise.

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Vous commencez donc à l’observatoire, une accueillante bicoque qui servira de point central au jeu. Sauvegarde, repos et achats ne se feront qu’entre ces quatre murs, et c’est également là qu’attendra la désespérée Elena. Lorsque vous quittez l’observatoire pour visiter une des tours, un chronomètre symbolisé par une jauge circulaire se met à diminuer, celle-ci symbolisant l’avancée de la transformation de la nénette. Une fois celle-ci vidée, Elena sera irrécupérable et vous infligera un game over. Il est donc primordial de revenir dans les temps et lui apporter soit de la chair de bête pour ralentir la transformation (= remplir la jauge), soit de la chair de maître pour lever un peu la malédiction (= remplir la jauge également et avancer dans l’histoire). Selon le temps que vous restez dehors, vous pourrez retrouver votre princesse sous différents aspects, de la « normale » à la « je me planque dans la cave tellement je suis hideuse ». Seule solution pour repousser l’horrible transformation : Elena doit se goinfrer de viande crue, quitte à gerber partout ensuite. Et comme la viande ne se garde pas, inutile de penser en stocker dans un éventuel frigo local, vous devez vous coltiner des allers-retours.

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Le jeu n’est pourtant pas trop exigeant à ce niveau : il faudra de temps en temps mettre de côté l’exploration pour s’occuper de sa chère et tendre, une bonne occasion d’ailleurs pour sauvegarder et faire le plein de soins, les donjons étant généralement assez corsés. Les retours au bercail sont d’ailleurs loin d’être trop pénibles, la topographie des lieux offre souvent des raccourcis, quitte à se jeter de trois étages pour gagner du temps, et vous pourrez également utiliser des « éclats divins » pour vous téléporter. On profite du voyage pour éventuellement améliorer ses armes, faire du vide dans son inventaire (la place étant très limitée), crafter des matériaux, tailler le bout de gras avec la vieille, et piquer un roupillon. Il faut d’ailleurs noter, à ce propos, que le jeu gère le cycle jour / nuit et que le contenu des donjons sera différent selon l’heure de la journée. Mais le plus important, dans vos courts séjours à l’observatoire, sera de vous occuper de votre petite Elena.

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Plusieurs fins au jeu sont possibles et dépendront de l’affection que vous porte la princesse. Cette-ci est symbolisée par une barre verticale qui varie selon vos réponses à ses questions, votre assiduité à lui parler et à ce que vous lui rapportez. Car la petite a du mal à occuper ses journées, elle a beau faire la poussière ou la popote, arroser ses plantes et nettoyer la bave hideuse qu’elle produit, son quotidien consiste principalement à vous attendre à la fenêtre. A vous de lui acheter ou de trouver des cadeaux pour agrémenter son quotidien, ou de ramasser sur le champ de bataille des textes à traduire, la belle se sentira déjà plus utile. Si vous lui donnez n’importe quoi ou lui fournissez des réponses méchantes, elle risque de moins vous apprécier et de provoquer une fin tragique. On verse parfois dans le cucul japonais de base, mais la niaiserie ambiante est convenablement contrebalancée par le côté morbide de la relation que se voue les deux jeunes gens. Au final, on apprécie de s’en occuper, d’avoir quelqu’un à la maison qui vous attend, qui vous fait occasionnellement des cadeaux très utiles, et qui semble s’inquiéter pour vous. La mélancolie nous gagne et nous motive à avancer dans le jeu.

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L’aspect du jeu fait irrémédiablement penser à du Zelda. Les donjons sont loin d’être une succession d’affrontement, il faudra parfois du doigté et de l’astuce pour avancer, tout en surveillant le temps qui passe. La plus grosse différence entre les deux titres, c’est que votre équipement ne changera quasiment pas. On pourra tout à fait mettre la main sur une nouvelle arme pour remplacer votre bonne épée, mais votre utilitaire principal sera une chaîne magique qui donne toute sa saveur au titre. A l’aide de la Wiimote, vous pourrez frapper ou attraper avec la chaîne des ennemis ou des objets, et en faire un peu ce que bon vous semble : les éjecter au loin, les faire tourner autour de vous, les lier à une cible mouvante ou non, les encercler avec la totalité de la chaîne, etc. Le maniement est plutôt réussi et l’arme devient rapidement un incontournable des batailles, tant celle-ci se révèle utile face à l’adversité. Et bien entendu, son utilisation sera primordiale pour avancer dans les donjons, la chaîne permettant d’activer des leviers ou de se hisser à des hauteurs inatteignables. Elle représente également pour vous le seul moyen d’extraire des cadavres la chair ardemment recherchée, et votre seule arme efficace contre les maîtres.

C’est sur le plan de la technique que l’on mettra un gros bémol sur le jeu, et encore ! On regrettera qu’un jeu tellement réfléchi ne bénéficie pas de meilleurs graphismes et de belles textures, mais l’on est encore loin de l’hideux. En fait, c’est surtout le placement de caméra qui va nous arracher les yeux, celle-ci ayant la fâcheuse tendance à se foutre dans des coins à la manière d’un Resident Evil – c'est-à-dire de façon à ne pas nous montrer ce qu’il y a devant nous. Pas pratique pour taper du monstre. Pandora’s Tower rééquilibre néanmoins la donne en proposant une bande-son à la fois épique et envoûtante, en y incorporant en outre des morceaux de Verdi et de Tchaïkovski. Inhabituel mais tout à fait approprié.

En moins de trente heures, on aura fait le tour de la quête principale, et il y aura encore des choses à voir ! Encore un point à jeter au crédit de ce Pandora’s Tower qui, malgré un concept au premier abord répétitif, sait se renouveler au fil des donjons. Le plus étonnant reste encore la cruauté intrinsèque du jeu, cachée sous une couche de niaiserie rose bonbon, qui pourra écœurer certains joueurs dans les premiers moments. Mais il suffira de laisser Elena se transformer un peu pour comprendre l’enjeu et s’attacher à ce couple maudit, même si coller une baffe à cette tête à claques de Aeron ne serait parfois pas de refus.

Je vais finir par une approche un peu décalée qui n’aura aucune influence sur la note finale. Peu après avoir essayé le jeu, je pris la décision compulsive de lire le dos de la jaquette pour voir à quoi je jouais, et je me suis aperçu qu’il manquait dans le texte de présentation une grande partie des caractères accentués. Genre les « à » ou les « ê ». Etrange n’est-ce pas ? J’entends par là, une faute d’orthographe ou de grammaire peut arriver à tout le monde, l’erreur est humaine, et même s'il doit y avoir plusieurs étapes de validation / correction on peut estimer que la présence d’un « s » qu’il ne faut pas fait partie du domaine du possible. Mais dans le cas présent, n’importe quel francophone qui se retrouve à lire cette jaquette tombera forcément sur la faute tellement celle-ci est visible et multiple. Comment a-t-elle pu passer tous les contrôles de typo ? Le texte a forcément dû être validé, modifié plusieurs fois, mis en page encore davantage, contrôlé à l’impression pour vérifier les couleurs, etc. Est-il possible que la faute n’ai surgi qu’au dernier moment, alors qu’il était déjà trop tard ? Cela ajoute au charme de la boîte de Pandora : un noir intense, des fautes sur toute la jaquette. Même en édition simple, la jaquette est collector. C’est fort.

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