9/10Pro Evolution Soccer 5 - Test

/ Critique - écrit par kenji, le 03/11/2005
Notre verdict : 9/10 - le réalisme à l'état pur (Ecrivez votre critique)

Tags : evolution soccer joueurs pes mode test konami

On se demande comment les développeurs vont faire mieux à chaque nouvelle mouture de PES qui sort à un rythme quasi-industriel. Pourtant le miracle arrive tous les ans et les nombreuses nouveautés apportent à chaque fois un jeu très différent justifiant son achat auprès des fans de simulation footbalistique. D'ailleurs, rarement un jeu de sport aura été aussi fédérateur, convertissant les spectateurs occasionnels comme moi aux joies du football virtuel et réel.

Des débuts laborieux

Après avoir introduit fébrilement le jeu dans la console, je démarre très vite une partie pour me faire mes premières impressions sur cette nouvelle cuvée. Et là, dès le début, le constat est assez rude : on remarque tout de suite que les joueurs sont plus mous et moins décisifs qu'auparavant et les défenses se sont très nettement resserrées. On a alors beaucoup de mal à construire ses actions sans perdre le ballon lors des phases d'attaque et on a, à contrario, beaucoup plus de facilité à déjouer les attaques adverses. Les débuts sont alors assez frustrants, après un PES 4 extrêmement porté sur l'attaque avec des joueurs souvent très vifs dans lequel les occasions étaient nombreuses, Konami a fait un virage à 180 degrès. Finalement, le jeu est nettement plus simulation et on a tendance à se dire que PES 4 était, en fait, très arcade.

Un réalisme poussé à son paroxysme

Au niveau de l'aspect visuel du titre, on constate que les graphismes sont identiques et restent toujours un peu trop austères et fades mais l'animation a progressé et les mouvements des joueurs sont désormais plus nombreux et réalistes. Les joueurs protègent leur ballon, font plus de reprises de volée et ont des réactions criantes de vérité lorsqu'ils subissent une faute.

Comme il a déjà été dit, les joueurs sont beaucoup moins vifs et rapides qu'auparavant et les contacts physiques sont plus souvent à l'avantage des défenseurs. Pour compenser, ils sont par contre plus adroits et techniques ce qui leur permet d'enchaîner des dribles plus facilement sans l'aide de la touche R2 et ils disposent de frappes nettement plus efficaces car elles ont gagné en précision et en puissance. Exit les Ronaldo et Ronaldhino qui transperçaient les défenses avec une facilité exaspérante, maintenant il va falloir jouer plus finement et plus compter sur la technique.
La défense est plus performante car les joueurs sont plus présents physiquement mais aussi parce que le ballon ne colle plus autant aux pieds des joueurs et il faut faire très attention à ne pas appuyer sur le bouton de course R1 au moment d'un contrôle sinon le ballon va partir à 3 mètres ce qui laisse largement le temps aux défenseurs de le récupérer. Les joueurs phares sont donc toujours très bons mais moins « surhumains » ce qui rend les phases de jeu très réalistes et aussi plus collectives. Par contre, les tacles sont moins efficaces lorsque le joueur à la balle au pied mais sont redoutables avec un bon timing au moment où le joueur pousse son ballon.
Les goals ont eux aussi bénéficié de ce bénéfique équilibrage : ils commettent moins de fautes et sont très forts en 1 contre 1. Ils sont, par contre, plus facilement pris à défaut lors des frappes.

Pfiouttttttt (bruitage d'un arbitre qui siffle)

Un autre paramètre très important du jeu est l'augmentation de l'efficacité des coups francs directs. Sans vraiment s'entraîner et lorsque l'on a de belles positions de frappe, notamment au centre, des joueurs comme Junhino (avec un hallucinant 99/100 en coups francs) ou Beckam, et d'autres dans une moindre mesure, mettent très souvent le ballon au fond des filets.
Cet aspect est primordial car, parallèlement, l'arbitrage s'est nettement durci et les défenseurs commentent plus de fautes en laissant traîner la jambe ou en percutant trop violemment les attaquants si on appuie trop frénétiquement sur la touche X. L'augmentation du nombre de fautes contribue énormément au réalisme mais casse un peu le rythme du jeu.

De plus, les cartons intempestifs sont désormais de l'histoire ancienne ce qui évite énormément de frustration et un gros travail sur les avantages a été fait et ils sont ainsi bien mieux gérés ce qui va faire réfléchir à deux fois un défenseur qui veut stopper une contre-attaque en faisant un tacle anti-jeu et en laissant ainsi filer l'attaquant auquel l'arbitre a donné l'avantage. Un exemple de plus qui montre que les développeurs ont poussé la rigueur défensive à son paroxysme.
Au final, toutes les phases de jeu ont gagné énormément en réalisme et on s'est jamais autant approché du foot réel ce qui a bien sur ses inconvénients, tout du moins au début. La frustration de départ et le temps d'adaptation particulièrement difficile sur cette version pourront en rebuter plus d'un ce qui seraient quand même fort dommage étant donné la richesse de gameplay hallucinante du jeu. Les néophytes à la série et autres habitués de FIFA auront donc bien du mal à se plonger dans le bain avec cet épisode très exigeant.

Les défaults qui fachent toujours un peu le joueur

Malgré tout, des défauts persistent. Certains sont récurrents à la série : les licences sont toujours aussi peu présentes comparées à un FIFA, certains transferts des joueurs ne sont pas actualisés, les commentaires sont toujours aussi exécrables et sont à supprimer immédiatement dans le menu des options, l'ambiance sonore manque de pêche et certains joueurs ont des statistiques anormalement basses, à croire que les développeurs ne suivent pas les championnats et évaluent les joueurs en fonction de leur réputation (Michael Essien, révélation du championnat français transféré à Chelsea, qui a des stats très médiocres par rapport à son niveau de jeu réel et Zidane qui a des stats en forte baisse en sont deux des exemples les plus marquants).
Sinon, les attaquants sont très souvent en position de hors-jeu et ne se replacent souvent pas bien ce qui est très énervant car cela gâche de nombreuses occasions. En plus, la nouvelle règle qui dit que si c'est un défenseur qui fait la passe à un attaquant, la règle du hors-jeu ne s'applique pas, n'est absolument pas prise en compte ce qui, là encore, provoque pas mal de frustrations.
On constate aussi quelques problèmes lors de la sélection des joueurs en mode manuel qui est moins aisée.

Alléluia un mode online

Au niveau des modes de jeu, on trouve les mêmes que dans PES 4 avec une ligue master légèrement améliorée pour cet opus et surtout l'apparition d'un tant attendu mode online sur la PS2. Malgré quelques problèmes pour se connecter aux serveurs de jeu de temps en temps et une navigation trop longue et assez pénible, ce mode marche très bien et c'est un plaisir pour les solitaires comme moi de pouvoir se frotter à des adversaires humains. Le jeu est un petit peu plus mou et lent sur le net mais on s'y fait vite et les parties sont globalement très stables malgré quelques matchs où le lag est très présent lorsque un des deux joueurs a une connexion trop faible. Le système de classement est très bien fait et lorsque l'on accumule les victoires, on peut monter de division. Chaque division dispose de son propre canal de discussion ce qui permet de disputer des parties avec des joueurs de même niveau.
Globalement, ce mode est une réussite et fait oublier les tentatives peu convaincantes du online sur X-Box et PC dans PES 4.

Conclusion

PES 5 est donc indiscutablement la nouvelle référence du foot virtuel très loin devant FIFA 2006. Le virage très simulation pris par ce nouvel épisode risque d'en rebuter plus d'un au début mais cela a permis de régler les nombreux déséquilibres d'un PES 4 qui paraît maintenant très arcade. Le gameplay a aussi gagné en richesse et est dorénavant d'une extrême finesse ce qui le conforte dans sa position de meilleur jeu de compétition sur console.
Avec l'ajout d'un très bon mode online, on atteint carrément des sommets de bonheur et vous n'avez aucune excuse pour passer à coté de ce pur joyau.