6/10Test Switch - Metroid Prime 4 Beyond

/ Critique - écrit par Hugo Ruher, le 12/01/2026
Notre verdict : 6/10 - Metro, moto, dodo (Fiche technique)

Attendu depuis des années par les fans, le quatrième volet de la série Metroid Prime arrive enfin sur Switch et Switch 2. L'occasion de retrouver notre héroïne en armure préférée, et cet univers si claustrophobique qui nous avait manqué… Mais tout a un peu changé non ?

Difficile de parler de Metroid Prime 4 tant l'héritage de cette série pèse lourd sur les épaules de ce dernier opus. Entamée sur Gamecube dans les années 2000, Metroid Prime donnait enfin du relief (littéralement) à son héroïne, Samus Aran, qui apparaissait en 3D pour la toute première fois de son histoire. On y découvrait alors une nouvelle manière de faire du FPS, avec énormément d'exploration, et relativement peu de gunfights, le tout dans les couloirs sombres et étroits qui ont fait la richesse de la saga claustrophobique Metroid.

Fin 2024, arrive donc le retour de Samus dans ce nouvel opus. Notre héroïne doit évoluer dans un monde inconnu et dangereux et débloquer de nouvelles aptitudes petit à petit pour explorer tous les recoins de son environnement. On a les tirs, les missiles, la boule morphing, puis le double saut, les bombes… Ok, on connaît la musique, même si rien ou presque n'est neuf, on est sur de la qualité, et le gameplay est suffisamment engageant pour que l'on passe des bons moments.

Sacs à PV et énigmes laborieuses

Au fur et à mesure de la découverte, on se surprend tout de même à matraquer le bouton tir un peu plus souvent que dans les précédents jeux de la série, mais admettons, les temps ont changé, et pourquoi pas avoir un Metroid Prime un peu plus orienté sur l'action et les boss "sacs à PV" qui demandent un peu d'acharnement. En plus, entre les différentes attaques et les possibilités d'esquive, le tout est dynamique, un brin foutraque, mais plutôt satisfaisant. Surtout lorsqu'on sait que les capacités vont se débloquer un peu plus tard dans le jeu et varier tout ça.

 
Samus met les poings où elle veut, et c'est souvent dans la gueule. DR.

 

Cela dit, même si tout cela reste plaisant, le gameplay oblige à certaines combinaisons de touches peu intuitives qui gâchent parfois l'expérience, y compris pour des énigmes assez simples. Un exemple : on vous demandera régulièrement d'envoyer une boule d'énergie dans des slots pour débloquer de nouveaux accès. Si l'idée paraît simple présentée ainsi, voici ce qu'il faut faire en réalité.

D'abord, se changer en morphball, émettre une bombe en laissant le bouton appuyé pour qu'elle lévite. Revenir à son état normal, passer en mode "psychique" où l'on peut contrôler la bombe, l'attirer vers nous, puis l'envoyer vers la cible. Rien de bien difficile, certes, mais l'ensemble est aussi laborieux que peu stimulant, ce qui peut énerver.

Un monde ouvert, mais pas vraiment

Mais venons-en au cœur du problème : il ne faut pas oublier que deux décennies ont passé depuis le début de la série et qu'il ne faut pas se contenter d'une petite odeur de nostalgie. Le monde du jeu vidéo a évolué avec notamment l'arrivée d'une grande mode : le monde ouvert. Et c'est là que Metroid Prime 4 se prend les pieds dans le tapis.

Si les premières heures de jeu rappellent les souvenirs de ses aïeux, on décroche assez rapidement une… MOTO ! Et si l'idée peut paraître tentante sur le papier, le tout tourne assez vite à la farce. Non seulement, le pilotage est extrêmement rudimentaire, (sur la Switch 1 en tout cas, je veux bien croire que le tout soit plus fun avec le mode souris de la Switch 2), mais en plus, on se rend compte que ce fameux monde si vaste est en réalité désespérément vide.


Elle n'a besoin de personne. DR.

 

Finalement, les phases de moto ne servent qu'à relier différents donjons et l'immense carte promise en début de partie est finalement bien moins dense que ce que l'on aurait pu croire. La suite du jeu consiste donc en un enchaînement de phases de moto sans intérêt et de donjons où l'on bourrine les ennemis plutôt qu'on ne réfléchit. Sur les quelques 15-20 heures nécessaires pour boucler le jeu, les game over viendront essentiellement de boss qui vous épuiseront sur la longueur, plutôt que d'un manque de réflexion sur la stratégie à adopter.

Dernier petit défaut, et ça fait bizarre de dire ça sur un jeu Metroid mais… Le jeu est beaucoup trop bavard ! Si Samus reste muette, elle est en contact quasi-constant avec un équipier qui donne des conseils dans son casque, sans oublier les consignes omniprésentes à l'écran pour nous indiquer la marche à suivre. Ce qui est aussi plutôt dommage.

Mais terminons sur une touche positive, si Metroid Prime 4 peut se révéler parfois agaçant et décevant, il s'agit tout de même d'une expérience assez honnête, avec des graphismes agréables, même si la Switch 1 accuse un léger retard et une aventure qui se suit avec plaisir. Il ne restera sans doute pas un grand jeu dans cette saga, mais n'est pas au point de dénaturer l'ensemble de la franchise.