7.5/10Gerda: A Flame in Winter - Test PC

/ Critique - écrit par Islara, le 06/09/2022
Notre verdict : 7.5/10 - Mémoire vivante (Ecrivez votre critique)

Tags : gerda test nintendo jeux winter flame choix

À l'heure où des idéologies haineuses, religieuses ou non, rongent plus que jamais la planète et l'humanité, un petit jeu édité par le studio de confiance DONTNOD, nous plonge dans les affres de la Seconde Guerre Mondiale et de l'horreur nazie, dans un pays aux particularités historiques que nous connaissons peu : le Danemark.

Intitulé Gerda : A Flame in Winter, cette épopée n'est pas non nous rappeler par son atmosphère Black . The Fall, à cette différence près que celui-ci se situait en Roumanie à l'aube de l'effondrement de l'horreur communiste et du sanglant régime Ceaușescu.

La comparaison s'arrête là. Car Gerda : A Flame in Winter, loin d'être un jeu de réflexion/plate-forme, tape dans un autre genre qui a tout autant le vent en poupe : le jeu narratif, façon visual novel - pas façon The Walkind Dead ou Life is Strange. Car le jeu tourne sur le moteur Unity, se déroule avec des images fixes, des dialogues uniquement textuels et, s'il y a des séquences un peu animées, elles sont très limitées dans les actions qu'elles proposent : parler à un personnage ou interagir avec un objet. Cela crée trop souvent un certain manque, les scènes sont trop vides. Peut-être aurait-il mieux valu, à la japonaise, faire fi de toute animation et se concentrer sur des planches graphiques fixes plus travaillées et esthétiques et compenser par un gros travail sur la bande-sonore. Or, ici, la bande-sonore est assez pauvre, ne comporte pas assez de bruitages, il n'y a aucun doublage si ce n'est une narration ponctuelle et la musique est répétitive. C'est donc insuffisant en termes techniques et artistiques.


Animation limitée et bancale, non compensée par une bande-son trop pauvre.

 

De ce fait, l'intérêt du jeu réside ailleurs, à savoir comme tout bon visual novel, dans les très nombreux choix et scénarios alternatifs qu'il propose. Autant vous dire que le studio danois PortaPlay, probablement secondé par DONTNOD, a mis le paquet. Si dans certains jeux, les conséquences des choix sont assez limitées ou peu visibles, dans Gerda : A Flame in Winter, il y a une foultitude de conséquences et pas des moindres, du début jusqu'à la fin du jeu, qui plus est dans une intrigue de quasi-espionnage puisqu'on se retrouve mêlé aux actions de la Résistance Danoise contre l'ennemi nazi. Ainsi, cela ira de marchandage - ou non - avec des contrebandiers, découverte - ou non - de complots, création de realtions amicales - ou non - avec des tas de personnages qui seront peut-être bien utiles du début à la fin. Et quand on finit le jeu une première fois, on sent bien que l'on a manqué des tas de scènes et des tas de choses, ce que le jeu prend la peine de nous confirmer en nous invitant à rejouer. Et, du coup, l'envie de rejouer est bien présente.

De ce point de vue, même s'il n'y pas d'arborescence pour reprendre à des points hyper précis, on remercie les développeurs d'avoir pris le soin de mettre des points de reprise sur chacun des 5 jours sur lesquels se déroule l'intrigue. C'est cependant un peu trop vaste et oblige à rejouer de trop longues scènes. De plus, si on peut passer les textes, on ne peut pas passer les séquences animées, ni changer l'unité de sauvegarde (il y en a pourtant trois) ce qui rend la rejouabilité parfois fastidieuse. Bref, les développeurs ne sont pas allés assez loin sur ces outils alors qu'ils étaient en bon chemin.


Très nombreuses conséquences de nos actions antérieures et importantes variantes.

 

Côté actions et mécaniques de jeu, Gerda n'est pas mal fait du tout. Il y a une petite dose de RPG : trois "énergies mentales" à augmenter (compassion, intuition, perspicacité) et dépenser, des points des bonnes relations à cultiver avec les personnages ou des jets dés à effectuer pour certaines actions quand on n'a pas les objets requis pour les effectuer, ou qu'on ne veut pas dépenser nos énergies, les chances de réussite étant liées aux points de bonne relation. Mais ce sont surtout les choix à faire qui sont omni-présents et permanents. Ils ne se trouvent pas que dans les dialogues. Après chaque séquence, on est ramené à la carte du jeu et l'on doit choisir les prochains lieux où se déplacer au détriment d'autres, sans possibilité d'y revenir. Idem pour certaines actions : une sorte de chronomètre apparaît parfois et limite nos recherches ou nos dialogues. Les choix deviennent donc cruciaux et cela donne une vraie tension dans notre expérience de jeu, avec aussi une grande immersion.


Une petite dose de RPG bien foutue.

 

Car l'on se retrouve ainsi plongé dans un certain réalisme psychologique sur les choix cornéliens qu'ont dû faire ou que doivent encore faire les gens du peuple pendant la guerre. Ce qui nous amène à peut-être la plus grande réussite de Gerda : A Flame in Winter : l'authenticité et la grande finesse de son scénario et de son intrigue sur les drames de la guerre. Les gens doivent survivre et protéger leurs proches comme ils peuvent, au prix parfois de trahisons, magouilles, ou mort d'autres proches. Et la question se pose constamment : jusqu'où ira-t-on ?

Crédits

- Pour les amateurs et passionnés d'Histoire, Gerda propose de débloquer quelques fiches historiques avec images authentiques à l'appui, à l'instar de Black . The Fall qui avait mis dans son générique de fin des images de la Révolution. On y découvre des informations passionnantes, comme le fait que le Danemark a réussi à envoyer la plupart des juifs du pays se réfugier en Suède ou que la région du Jutland du Sud (Sønderjylland), frontalière avec l'Allemagne, fut de 1864 à 1920 territoire allemand et qu'y vivait une importante minorité allemande.

- Durée de vie : environ 7H pour finir le jeu une première fois, ajouter 3 à 5H de rejouabilité. Pas mal du tout.

- Très nombreuses fins différentes avec possibilité de morts de plusieurs personnages.

- Voix en Anglais ou Danois, texte en Français (notamment).


Saviez-vous qu'une région danoise fut territoire allemand de 1864 à 1920 ?