Nintendo Switch 2 - Notre avis
Neuf ans après la première Switch, Nintendo remet le couvert : plus grande, plus belle, sensiblement plus chère. Et au bout d’un an de salon, une impression s’impose : voilà ce que la Switch aurait dû être dès le premier jour…
En mars 2017, c’est Maverick qui s’y collait pour Krinein : verdict, une "console d’appoint" très sympathique, incapable en l’état de déloger sa Xbox du salon, avec un line-up famélique, des accessoires hors de prix et une autonomie riquiqui. Neuf ans plus tard, la firme de Kyoto sort la suite, et c’est moi qui reprends le flambeau. Disons-le tout de go : la Switch 2, c’est tout simplement ce que la première aurait dû être. Les défauts gommés, la performance enfin là. Il aura fallu neuf ans, mais on y est.
- 5 juin 2025 la sortie française
- 469,99 € au lancement, 499,99 € dès le 1er septembre 2026
- 534 g en mains, Joy-Con fixés
- 3,5 millions de consoles vendues en quatre jours
La bête, d’abord. La silhouette n’a globalement pas changé, tout le reste a grandi : écran de 7,9 pouces (contre 6,2 à l’époque), 1080p en mode nomade, 256 Go de stockage quand la première en offrait 32, un second port USB-C et une béquille enfin digne de ce nom. Les Joy-Con ne coulissent plus sur des rails, ils viennent se coller à la console par aimants, d’un clac qui fait propre, fini : la première trimballait un petit air de jouet en plastique, celle-ci fait solide. Le tout a pris du poids au passage : on ne la glisse toujours pas dans une poche, et on réfléchira toujours à deux fois avant de la confier au petit dernier. Certaines choses ne changent pas.
D’une Switch à l’autre
Écran : de 6,2 pouces en 720p à 7,9 pouces en 1080p, et du simple 1080p à la 4K côté téléviseur. Mémoire vive : de 4 à 12 Go. Stockage : de 32 à 256 Go, sur microSD Express désormais.
Manettes : les rails deviennent des aimants, les sticks grandissent, un bouton C apparaît. Prix de lancement : de 329 à 469,99 euros. Neuf ans séparent les deux machines.
À l’époque, Maverick n’était "pas du tout impressionné par la machine en tant que console de salon". La Switch 2, elle, sort du dock avec de la 4K sur le téléviseur, du 120 images par seconde pour les jeux qui s’en donnent la peine, et un ventilateur dans la station d’accueil pour tenir la cadence. On reste assez loin d’une PS5, évidemment. Mais l’écart n’a plus rien d’humiliant, et les gros jeux tiers arrivent désormais le jour J (Cyberpunk 2077 dès le 5 juin, excusez du peu) au lieu de passer leur tour. Deux bémols quand même : l’écran est repassé au LCD, alors que le modèle OLED de la précédente nous avait habitués à mieux (il fallait bien garder un argument pour une future Switch 2 OLED...), et l’autonomie annoncée oscille entre deux heures et six heures et demie selon le jeu. Le chargeur reste dans le sac, comme en 2017 : de toute la liste des défauts d’époque, c’est à peu près le seul que Nintendo n’a pas gommé.
Côté manettes, les Joy-Con premiers du nom fatiguaient les "grosses paluches" de mon prédécesseur ; les Joy-Con 2 ont pris quelques millimètres partout où il fallait, les sticks sont plus amples, les gâchettes moins minuscules, et tout le monde est réconcilié. L’autre plaie de l’époque, c’était le drift, ces sticks qui finissaient par jouer tout seuls et qui ont fait tourner les SAV à plein régime ; après plus d’un an sur les nôtres, rien à signaler, même si sur ce chapitre, le futur nous le dira. Chaque Joy-Con peut aussi se coucher et glisser sur une surface pour faire office de souris (concluant sur la table basse, beaucoup moins sur le jean), une idée saugrenue qui trouvera ses jeux. Reste le fameux bouton C, qui ouvre GameChat, la discussion vocale et vidéo maison à douze : c’était gratuit jusqu’en mars dernier, il faut désormais être abonné au Switch Online, et la caméra est vendue à part. Chez nous, on joue à portée de canapé, alors la visio attendra. C’est du confort, pas une révolution.
Et puis il y a Mario Kart World. Le pack de lancement à 509,99 euros l’embarquait, et c’est peu dire qu’il a été rentabilisé : plus d’un an après, il sort encore toutes les semaines ici. Vingt-quatre pilotes sur la piste, des circuits reliés par un monde ouvert, un mode balade où les plus jeunes partent cueillir des panneaux et des tenues pendant que les grands font la course... L’écran splitté à quatre ne bronche pas, là où la première Switch toussait déjà sur Mario Kart 8. Chez nous, c’est devenu le jeu de société du dimanche soir, celui qui fait dire "allez, une dernière" à celles et ceux qui ont école le lendemain. Nintendo vend des consoles sur ce genre de moments depuis la Wii, et personne ne sait le faire comme eux. Le plombier moustachu n’a pas perdu la main.
Le reste de l’an 1 a fait le travail, et plutôt deux fois qu’une. Donkey Kong Bananza a rappelé dès juillet 2025 que Nintendo sait toujours construire un gros jeu de plateforme qui déborde de partout ; Metroid Prime 4 est enfin sorti de l’arlésienne ; Kirby Air Riders et Pokémon ont suivi en fin d’année, et les éditions Switch 2 de Breath of the Wild et Tears of the Kingdom ont refait une beauté aux deux monuments de la génération précédente. Ajoutez la rétrocompatibilité quasi totale avec la logithèque Switch première du nom, souvent avec de meilleures performances à la clé. Et FromSoftware réserve son Duskbloods à la console pour cette année : quand les créateurs d’Elden Ring gardent leur prochain jeu pour une machine Nintendo, c’est que la balance des forces a sérieusement bougé. Maverick écrivait qu’il fallait "vraiment vouloir jouer à Zelda" pour craquer au lancement. En 2025, la question ne s’est même pas posée. Miam.
Il faut pourtant parler des factures, parce qu’elles s’accumulent. 469,99 euros la console. 80 euros le Mario Kart, et même 90 en boîte. La caméra en option, la manette Pro en option (89,99 euros, tout de même), et vos anciennes cartes microSD tout juste bonnes à stocker des captures d’écran : la belle exige de la microSD Express. À racheter, donc. Argh. Et je ne parle même pas de ces "cartouches" tierces qui ne contiennent plus le jeu, seulement une clé de téléchargement : le jour où les serveurs fermeront, il nous restera de jolis boîtiers vides. Sur ce coup-là, l’industrie se moque un peu du monde et Nintendo laisse faire. Le public a tranché en se ruant dessus comme rarement (plus de dix millions de consoles vendues avant Noël), ce qui ne nous oblige pas à applaudir des deux mains.
Pourtant, ce tarif costaud pourrait bien vieillir mieux que prévu. Le matériel informatique traverse une drôle de crise : les centres de données de l’IA aspirent la mémoire et les composants, les prix flambent, et sortir une console surpuissante sans la vendre un bras est devenu un casse-tête pour tout le monde. Nintendo vient d’ailleurs de prévenir que la console passera à 499,99 euros au 1er septembre, la faute au prix des puces mémoire : une machine qui augmente un an après sa sortie, on aura tout vu. Mais le signe des temps vaut dans les deux sens : Sony et Microsoft y réfléchiront à deux fois avant de lancer une génération suivante à 800 ou 900 euros. La Switch 2, avec son matériel raisonnable et son concept qui ne dépend pas de la course aux téraflops, a de bonnes chances de ne pas être dépassée avant un bon moment. Le fameux "train de retard" que Maverick reprochait à Nintendo ressemble, pour une fois, à une position confortable.
Finalement, la Nintendo Switch 2 n’invente pas grand-chose : elle répare. Reprenez le dossier de 2017 ligne à ligne, les Joy-Con minuscules, la puissance en retrait, le stockage famélique, le line-up creux : tout a été traité, ou presque. En 2017, Krinein la conseillait en console de complément, aux amateurs d’exclusivités. En 2026, chez moi, elle est devenue la console principale de la maison : c’est elle qui trône sous la télé. Si vous avez des enfants, un canapé et des dimanches soirs, foncez, vous me remercierez. Les gros joueurs en quête de puissance brute regarderont ailleurs, et ils n’auront pas complètement tort.
Une dernière pour la route. En relisant le dossier de 2017, un détail m’a fait sourire : Maverick pestait déjà contre le prix des accessoires, et neuf ans plus tard la manette Pro coûte toujours un petit billet. Les cartouches d’époque, elles, tournent mieux que jamais sur la nouvelle. On ne gomme jamais tous les défauts, surtout ceux qui rapportent. Maverick, si tu passes par là : elle a bien grandi, la petite...







