5/10Silent Hill 4 : The Room - Test

/ Critique - écrit par Ichabod, le 22/10/2004
Notre verdict : 5/10 - L'opus en trop ? (Ecrivez votre critique)

Tags : silent hill room jeux video appartement test

Bonjour, je me présente, Henry Towsend, mais ce n'est pas ça qui est important. Non, ce qui compte, c'est cette question qui me taraude un chouia depuis quelques jours : vous êtes vous déjà réveillés un matin, les paupières encore lourdes (peut-être à cause de votre soirée de la veille, petits sacripants -soirée qui fut modérément arrosée bien sûr -) , pour découvrir en sortant de votre chambre que votre porte est fermée à quadruple tour -si ce n'est plus- et recouverte de chaînes, empêchant par là même d'effleurer tout espoir de sortie, et que chacune de vos fenêtres refuse définitivement de s'ouvrir en dépit de toute forme de bon sens ?

Je parierais mon frigo que non. Pourtant, c'est ce qui m'est arrivé. Depuis une semaine je suis en effet confiné aux quatre petites pièces que mon appartement comporte : un chambre, une salle de bains, une cuisine-salon, et une buanderie.

Mais le pire est arrivé ce matin. Ma salle de bain a été dévastée, et un trou remplace désormais une bonne partie de mon mur. En me glissant tant bien que mal à travers cette sorte de tunnel, je finis par déboucher dans une station de métro... Mais tout ceci n'est que le début de mon cauchemar, vous vous en doutez bien. Un beau cauchemar, je dois l'avouer. La plupart des décors que je traverse sont glauques et effrayants, mais contiennent leur part de beauté.

Pourtant, j'ai comme une impression constante de déjà vu, de recyclé. Peut être qu'une station de métro, un hôpital, une prison, un immeuble résidentiel ont déjà servi de cadre à d'autres jeux du même genre. Quoi, attendez je parle de jeux ? Je dois être en train de délirer...

Revenons à nos moutons. Enfin non, revenons à nos chiens putréfiés, à nos bébés à doubles têtes velus se déplacant sur leurs bras (??), ou à nos fantômes invincibles. J'en croise sans arrêt. Bon, je trouve des armes pour me défendre. Pas mal d'armes d'ailleurs. Certaines sont assez solides, d'autres se cassent au bout d'un moment. Mais j'ai de toutes façon beaucoup de mal à m'en servir. Oui, il semble que je ne sois pas fait pour manier des armes de combat au corps à corps. Ni des armes à feu. Je suis lent, je met du temps à frapper ou à tirer, et comble de la maladresse, je ne peux pas me déplacer aisément une fois ces armes brandies. Je suis obligé de faire des petits sauts de côté ou en arrière, petits sauts qui ne me permettent malheureusement pas beaucoup d'éviter les attaques de mes troublants adversaires.

En plus, je ne peux pas porter beaucoup d'objets ni d'armes à la fois. Je suis obligé de revenir constamment à mon appartement, les entreposer dans mon coffre. Ces allers-retours m'ennuient un peu, mais je n'ai pas le choix. De toutes façon, c'est pour l'instant un des seuls moyens que j'ai de me soigner. Je comprendrais plus tard, après en avoir vécu des vertes et des pas mûres, que ces soins si bienvenus finiront par disparaître, et que je serais livré à des ennemis de plus en plus puissants avec très peu de fioles et d'ampoules me permettant de me remettre sur pied.

Mais pour l'instant, je ne suis pas au courant de ce fait. Je suis actuellement dans mon appartement, où je prend un malin plaisir à fouiller, fouiner, farfouiller, observer ma voisine par un trou dans le mur, les voitures qui défilent dehors, ou mon propriétaire quand il passe devant ma porte à travers le judas. Là, dans mon appartement, je vois le monde à travers mes yeux, et j'ai un peu de mal à me diriger moi-même -avec le stick analogique gauche- en même temps que je déplace mon regard -avec le stick analogique droit-. Tout cela me semble un brin mécanique. Mais dès que je passe dans le trou pour rejoindre le monde extérieur, je me vois à la troisième personne, un peu comme dans les autres jeux de la série. Là je me déplace plus aisément, bien que les combats soient, comme je l'ai déjà dit, un brin catastrophiques, en partie parce que je n'arrive jamais à voir ce que je fais...

Oula...

Pardon, je déraille encore. Stick analogique...ça veut dire quoi ? Désolé. Je me reprend. Ca fait un petit moment que j'alterne les allers-retours entre l'extérieur et mon appartement. Mais en plus, maintenant, je me coltine ma voisine. Oui, elle a fini par se retrouver embarquée dans ma galère. Bon, elle se débrouille un peu toute seule pour latter les monstres qui se dressent sur le chemin, mais c'est au final plus un boulet attaché solidement à ma cheville qu'une réelle équipière. Mais ce n'est pas tout. Je me coltine aussi les même environnements qu'avant. J'ai déjà traversé plus ou moins seul l'hôpital, la prison, la forêt, la station de métro, l'immeuble. Je retraverse à nouveau certains d'entre eux accompagnés par Elien (ma voisine, pour ceux qui ronflent près du radiateur). Oh, ce n'est pas que la répétition soit gênante, non, j'emprunte un chemin légèrement différent, je passe mon temps à résoudre des petites énigmes... Tiens, ces énigmes. Elles sont à la porté de n'importe qui. Donc, à part pendant quelques petites minutes éparpillées par-ci par-là, je passe plus de temps à le battre qu'à réfléchir. Et c'est bien dommage : je sais mieux réfléchir que me battre.

Bon, c'est pas tout, je suis encore coincé entre mon appartement et les mondes étranges auquel mène le tunnel qui s'aggrandit de jour en jour dans mon appartement, alors je vais vous laisser. Si ça vous tente, vous pouvez me rejoindre, mais je ne vous promet pas que mon aventure vous intéressera au plus haut point. J'ai l'impression de n'être qu'une photocopie sans saveur d'idées déjà proposées, que les qualités qu'on avait perçues avant dans les autres jeux de la série ne m'ont pas toutes forcément suivies, et, pire, que les nouveautés sont plus tape à l'oeil voire pénalisantes qu'utiles à mon histoire.

Oups, pardon, je débloque encore une fois. C'est sans doute un signe. Peut-être serait-il temps de me laisser tranquille. Nous laisser tranquilles. Moi, mon appartement, et tous les gens qui, au moins une fois dans leur vie, sont passés par Silent Hill.