Borderlands est annoncé depuis trois ans et se fait douloureusement attendre. A chaque fois repoussé pour être à nouveau retardé de six mois, nous ne l'espérions plus dans un avenir proche. Puis le destin ayant repris les choses en main et après quelques déboires sur le renouvellement graphique du titre, il est enfin là, entre nos mimimes musclées et présent dans tous les rayons de la planète et à un prix digne de la politique marketing sympa de 2K puisqu'il bénéficie d'office d'un petit quinze euros moins cher que les prix habituels pratiqués sur le monde des jeux videos. C'est donc avec joie qu'on s'engouffre dans ce titre vedette de la fin d'année. Toute cette attente nous aura-t-elle profité?
Pour rappel, Borderlands est un FPS à forte composante RPG. Vous vous baladez donc dans un monde reconstitué pour les soins de votre personnage en frappant et shootant tout ce qui bouge (ou pas) et en accomplissant des quêtes. Ces actions violentes et les mini aventures qui les accompagnent vous octroient des points d'expérience qui vous font augmenter de niveau et remplir un arbre des compétences, compétences qui vous rendent plus fort, plus doux, plus dur ou encore plus dingue. Quatre personnages sont à l'honneur de ce jeu d'aventure à dominantes bien marquées qui nous fait penser de prime abord à un FPS online dans son mode solo, les XP apparaissant à l'écran comme ils le feraient dans un Resistance 2 en multijoueur par exemple. Tout un programme.
La Guerre, encore et toujours la Guerre
Vous débarquez donc sur Pandore dans un bus blindé de quatre héros. Ces derniers correspondent à vos choix de classe : Soldat, Chasseur, Sirène, Furieux. Pandore c'est ce lieu mythique qui abrite l'arche, grand trésor mystique que tous les chercheurs de richesse de la planète se mettent en quête de trouver une fois qu'ils 
ont assez de poil au menton. Pour ne pas déroger à la règle, vous descendez du bus pour découvrir un monde post-apocalyptique présenté précédemment dans une petite cinématique crayonnée assez sympa sans être non plus de la grande entrée en matière. Mais c'est en posant le pieds sur le sol crasseux et sablonneux de ce désert Mad Maxien que vous vous rendez compte de l'étendue des dégâts sur cette pauvre planète. De la tôle ondulée et des WCs en plein air rejoignent le ciel dans un amoncellement varié d'ordures plastiques et de métaux rouillés issus de ce qui a du être une période catastrophique sur cette Terre complètement décharnée. Seules quelques touffes d'herbes vont venir polluer votre champ visuel lorsque vous approcherez des égouts reconstitués des quelques bidonvilles que composent les maigres habitations du coin et ses quelques dizaines d'habitants.
Notez que tout ce petit monde est en cel-shading qui plus est. Et le constat de cette découverte de l'environnement est sans appel : c'est magique. On se croirait dans un Fallout 3 fini dont les textures ont enfin trouvé le temps de mûrir plutôt que de pourrir. 
On s'imagine alors avec une armure de la confrérie en animation dessinée et on rêve à des jours meilleurs. Et pourtant lorsque l'on s'approche de ces mêmes textures elles n'offrent rien d'exceptionnel à l'œil nu. Mais la combinaison des efforts de guerre paye, puisque l'alliance de Prince of Persia et de la saga du nouveau monde nous offre un univers magnifique. Le design qui anime l'ensemble est particulièrement prenant si on l'exploite dans de bonnes conditions,à savoir pas trop près de l'écran et avec une télé HD performante. Pas de ralentissement ou presque, un aliasing fort présent certes mais qui ne gêne pas beaucoup la vision, nos yeux ayant largement de quoi se faire plaisir et surtout ne trouvant pas de faute de goût. Certes, les ennemis de loin ne sont pas très beaux mais un coup de viseur et il n'y paraitra plus rien. On pourra aussi trouver que l'ensemble est un peu morne et ne varie que très peu et pourtant rien ne se ressemble. Les concepteurs de Pandore jouent beaucoup sur les tons intérieur/extérieur et les effets de nuit pour y dissimuler la maigreur de l'environnement. Et en même temps ce décor est là pour représenter le minimalisme et l'ingéniosité d'un monde basé sur la récup. Il est donc de bon ton de ne pas y mêler trop d'extravagances. Les constructions sont loufoquisimes (version bidonville) et les badlands que vous parcourez sont un amoncèlement de cailloux qui rappellent le Nevada alors que New Heaven sera un simili dépotoir de haute altitude dont les tranchées mènent à une civilisation reconstituée. Ce qu'il manque toutefois à ce titre c'est un ciel capricieux et une impression de noirceur que le jeu de Gearbox Software ne mets pas du tout en scène. Un peu dommage donc puisqu'en tous points le design nous offre du rêve. Quelques scènettes de firmament étoilé ou la présence de nuages poétiques associés à un chouilla de sable volant aurait fait l'affaire. Parfois pourtant, deux montagnes se croisent sous notre œil ébahi et on ose avoir l'impression de deux bouts de cartons dessinés manipulés par notre maître maquettiste Terry Gilliam. La magie est donc là. Et puis pour ne rien vous cacher on trouve ça très beau.
La Guerre ça se fait à plusieurs.
La composante RPG est assez bien foutue et propose des personnages 
radicalement différents les uns des autres. La magicienne du groupe se fera respecter par ajouts de dégâts élementaux tout comme le barbare saura jouer des poings en mode furie. Chaque classe peut se diversifier dans trois branches chacune (voire plusieurs branches en même temps si vous le désirez). La plupart des compétences restant passives. Chaque arbre des compétences est donc assez complet pour donner envie de tâter un peu de tout. On reviendra donc assez facilement au début de l'histoire pour compléter son expérience de jeu avec un peu plus de finesse ou un désir de carnage avancé. La durée de vie du jeu déjà assez énorme explose alors littéralement. Celui-ci est pourtant une longue ascension vers le niveau de champion (lvl 50) mais on ne va pas se plaindre de ce léger extra qui multiplie par quatre un tel bonheur. Rajoutez à cela les millions de possibilités d'armes que propose le petit programme de création aléatoire de vos instruments de mort imaginé par nos amis développeurs et vous serez comblés si vous aimez les hack and slash un peu sanglants où la recherche d'objets rare est un sport. Car ici on est en présence d'un shoot and splash basé sur les règles bien convenues du genre précédemment cité. Les coups critiques sont légions et arrachent des têtes par millions. On regrettera d'ailleurs que le démembrement ne soit pas plus concret et localisé mais en tout cas il y a du sang partout. Dommage également que le carnage se nettoie tout seul à une vitesse folle. On le comprendra lorsque le corps de votre ennemi fond sous l'attaque meurtrière d'une substance corrosive mais beaucoup moins lorsque ce dernier sèche au soleil en 3 secondes pour faire place à la prochaine hécatombe. Sinon, en tous points on se retrouve chez un héritier direct de Diablo 2. On ne sait d'ailleurs d'où vient la considération pour cette référence si éloignée et pourtant elle trotte en tête. Mais cela c'est peut être parce que le moment est si bon, que la symphonie qui l'accompagne nous mets dans une ambiance toute particulière mais aussi par ces petites ressemblances qui nous font sourire comme le code couleur de la rareté des objets ou encore le journal de quêtes et la jambe de T.K. Baha qu'on a l'impression d'aller chercher à Tristam.

Mais surtout on y pense à cause de cet excellente nouvelle qu'est le co-op multijoueurs. Et en effet ici non plus le soft ne déçoit pas. On ne quitte plus sa manette ou son fauteuil tellement le jeu est prenant et facile d'accès. Le seul point noir au tableau est qu'il faut pourtant un jour se replonger dans un monde aux contours réels qui ne sont que le jeu d'une lumière si loin de notre système lunaire. Le jeu à quatre est un mode dont on ne pouvait se passer et ce dernier permet vraiment de s'en donner à cœur joie dans la folie meurtrière des monstres du bestiaire de Borderlands. A ce niveau on regrette d'ailleurs qu'il soit peu varié car on aurait voulu rencontrer de nouvelles têtes au cours de notre périple (et les PNJ ne comptent pas) et ce n'est pas franchement le cas. Petit bémol concernant cette guerre en groupe également puisque le co-op sera vraiment efficace avec un groupe d'amis plutôt que des joueurs lambda rencontrés sur le network car le jeu manque de clarté et de liberté en ce qui concerne la gestion des quêtes ainsi que d'options sur la carte scanner qui vous accompagne dans l'autre monde (et son design qui semble sortie d'un pip Boy, comme beaucoup d'autres éléments de design de l'interface).
La fin est proche à moins qu'elle ne soit déjà passée par là.
Un mode solo très très agréable donc, qui transpire le jeu qui pourrait nous rendre no life pendant les six prochains mois et qui sera une bonne occasion de retrouver trois autres potes en ligne pour partir en voyage groupé. Même si pas mal de détails sont discutables et que des bugs semblent parfois intolérables comme l'impossibilité de finir certaines quêtes par manque de chance graphique ou l'inaccomplissement de certains trophées pour incalculabilité du soft, le fun est là et l'addiction aussi. Et même si Borderlands emprunte beaucoup à droite et à gauche, c'est pour la bonne cause. On ne regrettera donc rien au final puisque les petites sources de plaisir sont là tel le cri d'un Rakk qui nous plonge dessus alors que des milliers de chiens galeux nous assaillaient déjà ou encore le passage contre les "arachnides" qui nous ramène en mode Casper Von Dien dans Starship Troopers mais aussi et surtout ces moments sur notre véhicule motorisé à parcourir les steppes sablées à la recherche du dôme du tonnerre et au delà de ce dernier l'infini et peut être le jardin d'Eden en Kit, enfin l'arche quoi.
knackimax []

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