Allez, je ne vais pas vous la faire en version longue : la Princesse Peach a encore été kidnappée ! Et sous les yeux globuleux de Mario, en plus ! Je vous jure, quel intérêt de parcourir des kilomètres de niveaux infestés de tortues belliqueuses, de plates-formes instables, de gouffres béants, si dès qu'on a le dos tourné un vilain sbire de Bowser détale avec la princesse sous le bras ? Et d'abord, ils veulent en faire quoi de la princesse, hein ? S'en servir pour dominer le monde ? En demander une rançon en pièces d'or alors que celles-ci pullulent un peu partout ? Obtenir le secret du champignon qui fait grandir ? Réaliser une omelette de princesse champignon ? Le pire dans tout ça, c'est que le Mario, tout aussi simplet qu'il est, retourne au casse-pipe à tous les coups. Et qu'obtient-il en bout de course, une fois l'armée de Bowser anéantie ? Un bisou. Franchement, je serais lui - et je le suis un peu, d'une certaine manière - je la laisserai moisir quelques temps dans sa geôle putride, la Princesse, juste pour lui apprendre à être reconnaissante.
Mais bon, le problème n'est pas là. Mario a déjà pris sa décision - a-t-il le choix ? - et il se lance à la poursuite du vilain bowser modèle réduit à l'origine du gâchis de son après-midi romantique. Et c'est parti pour les quatre-vingt niveaux infestés de tortues belliqueuses, de plates-formes instables, et de gouffres béants, que renferment New Super Mario Bros !
Après le portage du célébrissime Super Mario 64 sur la console portable de Nintendo, le développeur / éditeur entreprend un retour aux sources de la plate-forme 2D par le biais d'un épisode empruntant aux grands succès passés de la série, mais qui ne cherche pas pour autant à les imiter. Ainsi, les vieux de la veille amateurs du plombier reconnaîtront certainement quelques éléments tout droits issus des Super Mario Bros de la Nintendo 8 bits et du Super Mario World de la Super-Nintendo, et seront certainement confrontés à un sentiment de déjà-vu généralisé. Pourtant, New Super Mario Bros est loin d'être un copié-collé de ses illustres modèles, et se positionnent davantage comme un revival délicatement préparé par des petits génies très inspirés.
Omelette de champignons
Tout commence sur une carte confectionnée à partir de points rouges (= niveaux), de forteresses, et de maisons champignons, reliés par des petits chemins grisés. Mario peut alors se déplacer sur le premier point, sa seule destination possible, et le sélectionner par la pression d'un des boutons de la console. Débute alors le premier niveau du jeu (en vue de côté) savant mélange de 2D (les décors) et de 3D (les personnages, certains éléments du décor), que Mario devra parcourir de gauche à droite (parfois de bas en haut) pour atteindre le drapeau de fin de niveau, et ainsi débloquer le passage vers son prochain défi. Une construction qui nous ramène pas loin de vingt ans en arrière !
Un niveau suit toujours plus ou moins les mêmes codes : des plates-formes, des trous, des monstres (Goombas, Tortues, etc), des tuyaux, des blocs en brique, et des blocs « ? ». A l'aide de quelques commandes ultra-simples, comme courir et sauter, le plombier devra utiliser son adresse pour se défaire de ses ennemis et éviter les pièges mortels qui l'attendent. Le moindre faux pas n'est fort heureusement pas fatal (à part les trous béants, bien évidemment), puisque Mario pourra récupérer dans certains blocs « ? » un champignon qui le métamorphosera en Super-Mario (le même, mais en plus gros/grand). Si celui-ci est touché par un ennemi ou par un projectile, il retourne à sa condition de Mario tout court et perdra une vie s'il se fait toucher une nouvelle fois.
Mario commence avec cinq vies, un capital de départ apparemment faible qui se grossira démesurément tout au long du jeu. Les moyens d'accroître son stock sont nombreux, et les hardcore gamers tout comme les habitués de la saga - et peut-être même les bons joueurs occasionnels - ne devraient probablement jamais voir les mots Game Over sur leur écran. Evidemment, le principal - et peut-être le seul - défaut du jeu est inextricablement lié à cette profusion numérique : New Super Mario Bros se finit très rapidement, trop rapidement quand on s'aperçoit du plaisir que l'on a à découvrir ce que les développeurs nous ont concocté pour le niveau suivant. Car si, effectivement, le concept date des années 80, les géniteurs se sont probablement retournés le cerveau une bonne dizaine de fois pour varier les challenges, et inclure des idées dans tous les niveaux du jeu. Le temps des plates-formes rectilignes et immobiles est bel et bien révolu, elles peuvent maintenant bouger, s'allonger, se rétrécir, s'affaisser, s'effondrer, s'incliner, et se mouvoir de bien d'autres façons encore...
Pour booster la durée de vie, les concepteurs se sont inspirés de Super Mario World et de Mario 64. Chaque monde est truffé de sorties secrètes menant à des warpzones, des niveaux supplémentaires, ou des maisons champignons secrètes, et chaque niveau contient trois pièces étoiles qu'il vous faudra récolter pour finir le jeu à 100%. Et croyez-moi, si se baisser suffit à en ramasser certaines, d'autres pourront potentiellement vous donner des cheveux blancs !
Maman, j'ai rétréci le plombier !
Mario et Super Mario ne seront pas vos seules transformations, puisque le jeu vous donne l'opportunité de revêtir six formes distinctes. Outre, les deux de base, il y aura donc le classique Mario Feu (peut projeter des boules de feu pour éliminer ses ennemis), le jouissif Mario Géant (invincible et défonce tout sur son passage pour un temps limité), le fragile Mini Mario (minuscule, passe dans les conduits très étroits et peut courir sur l'eau), et Mario Koopa (peut se protéger avec une carapace de tortue qu'il porte sur le dos).
Ces transformations, loin d'être des gadgets, vous fournissent les moyens nécessaires pour passer outre les difficultés rencontrées, d'une part, et surtout constituent un élément déterminant dans votre récolte de pièces étoiles, d'autre part. Il faudra parfois arriver au bon endroit avec la bonne transformation pour ne pas en louper, obligeant le joueur à développer de temps à autres une stratégie gestionnelle très basique pour anticiper l'obstacle en question. Dans cette optique, New Super Mario Bros fournit un emplacement de stockage installé sur l'écran tactile qui vous permet de garder en réserve un item de transformation, à récupérer sur le terrain ou dans les maisons-champignons.
En milieu et fin de niveau, Mario pénètrera dans un château abritant un boss et la princesse captive. Si certains se montrent assez impressionnant, il est dommage de constater qu'un peu de rigueur suffit à surmonter la difficulté, et qu'en fin de compte, un boss se présente comme un problème mineur au regard du chemin parcouru dans le niveau fortifié. Lorsque Mario remporte une victoire sur l'un d'entre eux, Bowser Jr se carapate la carapace entre les jambes et la princesse sur le dos, direction le prochain château/monde. Une fuite honteuse qu'il effectuera tout au long des huit niveaux du jeu (6 normaux + 2 cachés) !
En outre, entre deux tentatives de sauvetage plus ou moins couronnées de succès, le joueur pourra faire un break avec les quelques dizaines de mini-jeux (utilisant le stylet) que proposent la cartouche, et qui peuvent être jouables jusqu'à quatre belligérants avec une seule cartouche.
Conclusion
Trop facile, trop rapide à finir, ce sont deux faits que personne ne pourra contester. Pourtant, sans occulter ces deux défauts, New Super Mario Bros se présente comme un savoureux cocktail de ce qui se fait et s'est fait de mieux dans l'histoire du jeu de plate-forme, un véritable must-have qui vous conférera sans nul doute un immense plaisir jusqu'aux 100% d'accomplissement.
Nicolas []

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