Tokyo Game Show : Xbox change de bataille
La semaine précédant le Tokyo Game Show, la famille Xbox Series s’est vendue à 158 exemplaires au Japon, selon les estimations de Famitsu. Pendant ce temps, la Switch 2 en écoulait 28 341 et les différentes PlayStation 5, 7 494. Après plus de vingt ans de présence dans le pays, Microsoft peut difficilement continuer à prétendre que la prochaine bataille de la guerre des consoles sera la bonne.
Son programme pour le Tokyo Game Show 2026 racontait heureusement autre chose. Xbox ne cherche plus tellement à conquérir le Japon avec une boîte posée sous le téléviseur. La marque veut que les créateurs japonais et asiatiques nourrissent un écosystème mondial fait de console, de PC, de cloud, de Game Pass et de Play Anywhere.
Le résultat tient en dix-sept présentations, annonces et séquences de jeu. Atlus a montré Naoto Shirogane dans Persona 4 Revival, attendu le 18 février 2027 dans le Game Pass. ArtPlay a ressorti les fouets de Bloodstained: The Scarlet Engagement, Koei Tecmo a présenté Wo Long 2: Wings of Ember, Sega a envoyé Crazy Taxi: World Tour faire un détour par le Japon. Il faut encore ajouter l’Inde de Raji: Kaliyuga, la mythologie chinoise de Genigods: Nezha, l’adaptation de Gachiakuta ou Bloomwalker, désormais rattaché à l’univers de Ni no Kuni.
Ce catalogue n’est pas japonais au sens strict. Il est asiatique, international et surtout disponible partout où Xbox peut placer son nom. Microsoft ne vend plus seulement une machine étrangère au public japonais, il vend aux studios de la région une porte vers le reste du monde. Les chiffres de la console rendent la stratégie moins glorieuse qu’inévitable, mais elle a au moins le mérite d’être cohérente.
Hideo Kojima a évidemment reçu le dernier mot. Bill Skarsgård incarnera le personnage principal de PHYSINT, aux côtés notamment de Charlee Fraser, Don Lee et Minami Hamabe. Le projet d’action et d’espionnage sera édité par Xbox après son abandon par PlayStation, tandis que quelques images de capture de mouvements ont rappelé que OD: KNOCK existait toujours. Beaucoup d’acteurs, une affiche photographiée par Kojima lui-même et encore bien peu de jeu : le culte de l’auteur fonctionne décidément mieux sur moi quand il ne précède pas l’œuvre de plusieurs années.

Bill Skarsgård et Charlee Fraser dans l’affiche de PHYSINT. © Kojima Productions / Xbox
Rien, dans cette conférence, ne m’a réellement sauté aux yeux. Ce n’est toutefois pas tout à fait un échec. Xbox n’a pas dévoilé le jeu qui fera vendre ses consoles par palettes à Tokyo, et ne le fera sans doute jamais. La marque a montré pourquoi elle n’avait plus besoin d’attendre ce miracle.





