Créé en 1985 par Jordan Mechner et finalement sorti en 1989, Prince of Persia avait à l'époque séduit un large public grâce à son animation hyper fluide basée sur la technique de la rotoscopie, et aussi traumatisé beaucoup de joueurs avec une difficulté pas piquée des hannetons, comme on dit communément.
Presque 15 ans plus tard le Prince revenait faire d'invraisemblables galipettes dans Prince of Persia – Les Sables Du Temps, cette fois ci en 3D et au sein de décors somptueux bien que toujours aussi dangereux, et avec un ajout de gameplay génial: la dague du temps permettant au héros de « rembobiner » une action en cas de faux pas à l'issue fatale. Le succès du titre fut énorme et Prince of Persia nouvelle génération devint une franchise avec laquelle compter. Suivirent donc Prince of Persia – L'âme Du Guerrier, à l'ambiance plus dark et à la difficulté notoirement plus élevée que dans l'épisode précédent, et Prince of Persia – Les 2 Royaumes (réédité plus tard sur Wii sous le titre Rival Swords). Puis pour le premier volet à voir le jour sur consoles next-gen, Ubisoft surprit tout le monde en proposant un titre, sobrement intitulé Prince of Persia, entièrement revu au niveau du look puisque cell-shadé, et au choix de gameplay atypique puisqu'il était impossible d'y mourir et que les développeur avaient décidé de faire fi de toute possibilité de contrôle du temps. Un épisode somptueux et très plaisant mais qui ne convainquit pas réellement les fans d'histoires à bonnes chutes (de plusieurs mètres de haut). Conscients après coup que ce 
On est bien accueilli...n'est pas vraiment ce que les joueurs attendaient et que c'est tout de même dans les vieilles marmites que l'on prépare les meilleures soupes, les petits gars d'Ubisoft Montréal ont donc décidé de remettre sur la table la formule qui avait fait le charme et le succès des Sables Du Temps (le jeu) pour un nouvel opus qui sort au même moment que Prince of Persia – Les Sables Du Temps (le film).
Cependant Prince of Persia – Les Sables Oubliés propose une trame qui n'a rien à voir avec celle du long métrage (et qui n'est pas non plus la même que Les Sables Oubliés version Wii, qui propose une aventure différente).
Venu rendre visite à son frère, le prince Malik, le héros de cette nouvelle aventure trouve la cité de ce dernier assiégée. La situation devenant rapidement critique Malik décide de libérer l'ancestrale armée du roi Salomon, contenue depuis des siècles derrière de lourdes portes magiques. Funeste erreur bien entendu (mais sans cela il n'y aurait pas d'histoire), le remède se révélant nettement plus calamiteux que le poison. Car l'armée en question, « qui compte autant de soldats que le désert a de grains de sable », est composée de démons et autres morts vivants aux ordres du 
On ne bat pas de squelettes sans briser des osbelliqueux Ratash l'ifrit (à vos souhaits), et qui vont s'empresser de mettre un souk pas possible dans la cité en commençant par transformer tout le monde en statues de sable. Seuls le héros et son frère, protégés chacun par une moitié du sceau qui a servit à libérer l'armée d'abominations sont en mesure de faire rentrer les choses dans l'ordre en réunifiant les deux parties de l'artefact. Plus facile à dire qu'à faire car pour cela un frère doit rejoindre l'autre en traversant des salles et des couloirs truffés de pièges mortels. Mais hé, c'est du Prince de Perse qu'on parle oui ou non? Fidèle à lui même le matamore peut toujours courir sur les murs un court moment, sauter de corniches en corniches et ralentir sa descente le long des tentures en s'aidant de son poignard. Il pourra aussi compter sur l'aide bienveillante de Razia, une Djinn chargée depuis plus de mille ans de protéger la source qui se trouve sous la cité. Elle offrira au héros un nouveau pouvoir magique à intervalles réguliers dans le jeu lors de séquences se déroulant dans un univers onirique et surréaliste (et très à l'image du lieu où le prince des Sables du Temps acquérait lui-même ses aptitudes surnaturelles). Ces pouvoirs, alliés à une bonne connaissance des arcanes du bottage de train, ne seront pas de trop pour aider notre héros à se frayer un chemin à travers la cité maudite. Le prince pourra bien sûr revenir en arrière dans le temps de quelques secondes, solidifier l'eau et ensuite s'en servir comme d'un mur ou d'un pilier et s'aider de quelques sorts bien pratiques en combat, tels la projection de glace, de feu, ou bien le déclenchement d'un super tourbillon, bien pratique pour dégager la zone quand celle ci est infestée par des dizaines de démons. On retrouve ici la construction typique de la série, un mélange deux tiers exploration et gymnastique – un tiers affrontements contre d'affreux vilains pas beaux qui attaquent souvent en très grand 
Une fois l'eau figée on peut y allernombre. Ces phases où il faut jouer du cimeterre, pas vraiment ardues en général, ont le mérite d'être fun et dynamiques grâce à la palette de coups du prince et à l'utilisation parfois contextuelle du décor, occasion dès lors de profiter de certaines mises à mort assez classes au fil du sabre, ou de balancer d'un coup de pied rageur un ou plusieurs assaillants dans le vide (This is Persia!)
Le soft lorgne également un peu du côté du RPG puisqu'il propose aussi un upgrade du bellâtre bondissant via un arbre de compétences permettant de débloquer ou d'améliorer certaines capacités.
La force de ce Prince of Persia est aussi ce qui fait sa faiblesse: en effet, Les Sables Oubliés rappelle tellement Les Sables du Temps qu'il est évident que ceux qui ont gardé un excellent souvenir du premier opus 3D risquent fort de goûter avec délectation à cette nouvelle itération, mais que beaucoup n'apprécieront pas le peu d'innovations du concept. Alors objectivement (si possible)?

Prince on the wallLe jeu ne révolutionne certes pas le genre, mais c'est une vraie réussite dans son domaine. Les graphismes sont fins (mais quand même en deçà d'un Assassin's Creed II, bien que ce soit le même moteur graphique), la maniabilité est excellente, le level design inspiré et bien pensé, le nouveau prince attachant, l'aventure ne souffre jamais de baisse de rythme et est soutenue intelligemment par une très bonne partition musicale. Bref, c'est du travail soigné et à l'instar de son glorieux ainé Les Sables Oubliés ne se lâche plus une fois la partie commencée et garantit sa bonne dizaine d'heures au compteur (et il y a quelques bonus sympas à débloquer une fois que l'on a terminé, comme le costume d'Ezio). Un bon jeu donc, peut-être pas à la hauteur des attentes de certains, mais qui remplit sans peine son contrat: faire passer un bon moment d'aventure exotique.
Mandark []

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